Graines de Souris - Le blog de Sue-Ricette

lundi 26 avril 2021

Plus jamais seuls

plus-jamais-seuls- Au lycée, Marc est harcelé depuis deux ans. Soit ses pairs l’ignorent, soit ils l’humilient. Si le jeune homme réussit à tenir le coup face aux moqueries incessantes, c’est uniquement parce qu’en dehors des cours, il s’investit dans un nouveau projet qui lui tient à cœur et dans lequel il s’épanouit.

Lorsqu’une nouvelle élève, Serena, débarque dans sa classe, elle intègre aussitôt le groupe des filles les plus populaires de l’établissement, également les plus cruelles.

Mais à mesure que les jours passent, Marc remarque que la jeune fille est différente… Non seulement elle ne l’insulte pas, mais en plus, elle daigne lui parler.

Il ne sait pas encore qu’elle est aussi abîmée que lui…

L’amour sera-t-il capable de guérir ces deux cœurs, si jeunes et déjà blessés par la vie ? -

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- Alerte SPOILER ! Ce roman est un double spin-off. Si vous n'avez pas lu Dis-moi pourquoi et la duologie Nos amours impossibles, jetez-vous dessus sans tarder avant de découvrir les aventures de Marc et Serena. -

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Mon avis :

Je tiens à remercier Ninon Amey, l'auteure de ce roman, de m'avoir accordé sa confiance pour la lecture et la critique de son livre.

Je m'en viens aujourd'hui vous parler de Plus jamais seuls, le petit dernier de Ninon Amey, une auteure que vous connaissez bien sur le blog, puisque j'ai lu et chroniqué tous ses ouvrages (n'hésitez pas à consulter l'Index auteur juste ICI). Romancière autoéditée talentueuse, travailleuse et passionnée, elle publie au mois de mars une nouvelle histoire qui nous emmène cette fois-ci aux côtés de deux personnages entraperçus dans trois de ses précédents romans...

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  • À la croisées des chemins...

Un double spin-off ? Pari fou, me direz-vous ! Et vous aurez certainement raison. Mais pour commencer, qu'est-ce qu'un spin-off ? Il s'agit tout simplement d'une histoire contée dans un univers préexistant et mettant en scène un ou plusieurs personnages secondaires de cet univers, mais qui deviennent cette fois-ci les héros de l'intrigue imaginée par son créateur. Grâce à cela, Ninon Amey a donc pu prolonger Dis-moi pourquoi, un one-shot (roman en un seul volume), et son dyptique Nos amours impossibles, permettant ainsi à ses lecteurs de retrouver les différents protagonistes suivis tout au long de ces deux histoires, mais, surtout, de mettre l'accent sur le destin insoupçonné de Marc et Serena, imaginant par-là même une suite unique et logique à ses deux romans. Tour de force incroyable s'il en est, Plus jamais seuls est la parfaite continuité des bases édifiées par l'auteure. Les fils se croisent, se tissent, se tressent et finissent par ne former plus qu'un... Le rendu final est impeccable, lisse, uniforme, technique et encadré, les évènements vont et viennent, les personnages se frôlent, s'évitent, se rapprochent pour mieux s'éloigner, le tout dans un contexte à la fois réaliste, moderne, romantique et dramatique.

Ninon Amey s'implique dans son récit mais invite tout un chacun à plonger littéralement dans son histoire, à se glisser dans la peau de Serena, de Marc, à vivre leur quotidien, leurs angoisses, leurs doutes, leurs peines, leurs questionnements... Plus jamais seuls est un véritable panel d'émotions ! Il n'est pas seulement question de suivre la rencontre de deux adolescents, leur approche nouvelle et fraîche, belle, naïve et attendrissante des premiers émois amoureux. Non, il s'agit là de bien plus, car la romancière s'applique à traiter du harcèlement scolaire, qu'il soit sous sa forme classique, physique et morale, ou sous sa forme virtuelle du cyber-harcèlement, mais également des traces psychologiques, lourdes et difficiles à effacer, laissées par les violences familiales, l'influence parfois néfaste de nos proches, sans oublier le mariage forcé, thématique prédominante dans Nos amours impossibles. On retrouve donc l'approfondissement et la complémentarité des sujets abordés par l'auteure, le tout porté par une plume qui se veut toujours aussi chantante et porteuse d'émotions, tant dans le côté doux, rêveur, insouciant et romantique de l'histoire, que dans son côté plus sombre et concret.

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  • La voie de la résilience

La notion de pardon et de cheminement personnel n'a jamais été aussi bien évoquée que dans les romans de Ninon Amey. En effet, celle-ci s'attache à parler des souffrances aussi bien matérielles que spirituelles qui peuvent survenir au cours d'une vie, délivrant dans le déroulement continu de ses histoires les clés d'un apaisement moral, d'une sérénité retrouvée, d'une paix intérieure longtemps recherchée, maintes fois espérée, et dénichée au cours de la quête de soi, dans les interminables méandres de notre moi profond, au coeur même de notre être. C'est en quelque sorte un parcours initiatique, un voyage vers une destination inconnue, le bonheur terrestre tant convoité, idéalisé, pourtant si simple, si pur, mais si ardu à faire naître. Ninon Amey pose ainsi une question que je qualifierais d'essentielle : le bonheur peut-il jaillir des cendres du passé, des douleurs d'antan ? Peut-on le faire vivre grâce à nos rêves ? Peut-on le modeler, le façonner avec nos objectifs, notre détermination ? Une multitude d'interrogations, auxquelles Plus jamais seuls, comme le reste de l'oeuvre de l'auteure, répond par l'évidence : le bonheur est enfoui en chacun de nous, il suffit de le laisser se tailler une place dans notre coeur, aussi dures soient les épreuves de la vie.

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Source : Instagram

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En résumé, Plus jamais seuls est une lecture coup de ♥ ! Je ne saurais trop vous recommander de le lire pour (re)découvrir Ninon Amey, son oeuvre, les personnages qui émaillent son esprit créatif et débordant d'imagination, son écriture douce, chaleureuse et bienveillante, ses mots forts, poignants, ses sujets douloureux mais vivants, son romantisme, sa passion, sa sensibilité... Ce spin-off, à l'image de ses précédents ouvrages, offre un moment de détente, mais aussi, et surtout, un voyage littéraire inoubliable.

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Détails sur ce livre :

Plus jamais seuls, autoédité en ebook (existe aussi au format papier)

Auteur : Ninon Amey

Nombre de pages : 410 pages (au format numérique)

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

coup de coeur

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samedi 20 mars 2021

Les Yeux du Dragon

les-yeux-du-dragon- L'ombre de Flagg plane depuis quatre siècles sur le royaume de Delain... Le jour où la silhouette du sinistre magicien se glisse derrière le trône du roi Roland, c'est en vue d'accomplir son noir dessein : assurer le triomphe du mal. La machination se met en marche, vénéneuse comme le poison. Mais c'est compter sans une antique maison de poupées, quelques milliers de serviettes de table, les yeux d'un vieux dragon empaillé et, bien sûr, le courage de ceux qui refusent la tyrannie...

On sait que les contes de fées sont les premiers récits de terreur. En écrire un à l'intention de sa fille Naomi était donc pour Stephen King une sorte de retour aux sources. -

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Mon avis :

Voilà un moment maintenant que j'entends parler de ce roman ! Stephen King, le maître de l'horreur en personne, propose ici à son lectorat un ouvrage quelque peu inédit, s'attaquant à un genre littéraire auquel on ne s'attend pas forcément de la part de l'auteur : la fantasy. Si le romancier est principalement connu pour ses intrigues fantastiques, étranges, terrifiantes et angoissantes, il est en revanche un peu plus discret quant à la publication d'histoires épiques, légendaires, héroïques et magiques (n'oublions pas malgré tout La Tour Sombre, son oeuvre majeure dans le genre) ! Les Yeux du Dragon est donc le premier roman fantasy de Stephen King que je lis, et je dois dire que découvrir l'écrivain sur un autre terrain que celui qui a fait sa renommée était tout à la fois plaisant, enrichissant et original. Un petit tour dans l'Imaginaire, ça vous dit ?

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  • Les contes de fées : histoires pour enfants ou adultes ?

Quelles sont nos attentes face à l'idée que l'on se fait d'un monde imaginaire ? Typiquement, la magie y est présente, les créatures enchanteresses et diaboliques y abondent, les territoires et régions y sont nombreux, vastes, étendus et offrent, tant aux voyageurs venus de contrées lointaines, qu'aux insatiables papivores que nous sommes, une diversité de paysages, de climats, de faune et de flore riche et colorée, presque palpable. L'on y trouve également des hommes au coeur pur, et d'autres, rongés par la cupidité, l'avidité et la soif de pouvoir, de destruction... Schéma classique, me direz-vous. Mais après tout, qu'importe ! Les codes de la fantasy, s'ils sont ici assez revus, sont cependant exploités à bon escient par Stephen King. Certes, la menace de l'Ombre pèse sur le royaume imaginé par l'auteur et nous renvoie à l'idée du combat millénaire entre le Bien et le Mal. Pour autant, devons-nous détester cette approche, devons-nous forcément anticiper le déroulement de l'intrigue et ne pas tout simplement apprécier ce qu'elle a à nous offrir ? Tel un conte de fées, Les Yeux du Dragon développe le concept d'une épopée fantastique accessible à tous, mais une épopée qui se veut également plus complexe en deuxième lecture, plus complète et plus mécanique dans sa réflexion. Stephen King ne se contente pas en effet d'énumérer les évènements, de détailler les tragédies et d'affirmer la psychologie de ses personnages. Avec cette histoire, il cisèle et affine au contraire chaque partie de l'intrigue, aussi infime soit-elle, de manière à ce que chacune de ces parcelles, mises bout à bout, émaillées de l'indéniable sens de l'observation du romancier, s'imbriquent parfaitement les unes dans les autres et forment un tout finalement assez inattendu dans la construction et la forme que choisit de lui donner le maître de l'horreur.

Composé d'un peu plus d'une centaine de chapitres, Les Yeux du Dragon interagit vraiment avec son lecteur, car il ne se contente pas de présenter les faits et de les disséminer aux quatre vents des pages tournées et des mots qui s'enchaînent. Une véritable logique se met en place et fait se recouper chaque détail, même le plus insignifiant, créant une suite, une cascade de drames, un flot de péripéties, une foule de retournements de situation... Le tout écrit avec une précision chirurgicale, une méticulosité analytique qui contraste merveilleusement avec le style enfantin, la plume libérée et insouciante dont l'auteur use pour créer un paradoxe littéraire savoureux ! L'on se retrouve ainsi à naviguer dans la plaisante incertitude d'un récit aux accents passionnants, tragiques, épiques, effrayants parfois, tantôt purs, tantôt sournois, alternant entre différents points de vue, toujours externes certes, mais permettant à chacun(e) de s'immerger pleinement dans les destins croisés de tous les protagonistes. La rapidité des chapitres permet d'ailleurs au rythme de garder sa dynamique, sans quoi je pense le côté très réflexionnel de l'histoire ferait perdre de son intensité au bon déroulement de l'intrigue. Stephen King reste donc malgré tout pleinement maître de son roman, tout en restant fidèle à son charme premier en tant qu'écrivain du genre horrifique : embrumer l'esprit de son lectorat, le faire douter, le perdre pour mieux le retrouver et le surprendre par l'ingéniosité de ses va-et-vient, par la finesse des recoupements qu'il impose dans la contextualisation de son récit et, surtout, par la tranchante impartialité qui se détache de cet ensemble, qui ne s'encombre pas de fioritures dans la forme, mais s'enrichit de moults indices sur le fond et crée ainsi la patte coupante, directe et reconnaissable entre toutes de Stephen King.

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  • Entre fiction et réalité, il n'y a qu'un pas...

Et si notre monde n'était qu'une vaste étendue imaginaire ? Une vie inconnue, qui nous dépasse, nous prend de court et nous emporte dans le tourbillon tumultueux de son incessant cycle... J'en viens à me poser cette question après voir lu Les Yeux du Dragon. Peut-on vraiment se perdre, se confondre dans la véracité de notre réalité qui n'est peut-être pas celle que l'on croit ? Qu'est-ce qui nous pousse à avancer chaque jour et à croire que tout ce qui nous entoure est cette perméable réalité à laquelle nous nous raccrochons ? Ainsi, l'univers imaginé et mis en place dans Les Yeux du Dragon revêt les caractéristiques principales que l'on attend d'un monde fantaisiste, comme je l'évoquais plus haut. Pourtant, ce monde n'appartient à aucune ère précise, il ne se définit pas vraiment sur une échelle temporelle qui lui serait propre et qui étayerait plus encore l'arbre de vie du royaume de Delain. Si l'imagination de Stephen King lui confère malgré tout un passé, une histoire de plus de quatre cents ans, la couverture spatio-temporelle reste vague, floue, et nous donne l'idée d'un monde immatériel qui ne se situerait ni dans le fictionnel classique, ni dans la réalité palpable.

À la lecture de ce roman, j'ai été amenée à m'interroger, à remettre en question ma vision globale de tout ce qui m'entoure, la perception que j'en ai et les déductions que je peux faire. J'en suis arrivée à la conclusion qu'il n'y a pas qu'une réalité, comme il n'y a pas qu'un seul être humain sur Terre. Ma réalité ne sera pas celle de quelqu'un d'autre, elle reflète qui je suis, ce que je suis, les valeurs que je porte en moi, les doutes qui m'habitent, les joies qui me traversent, les peines qui m'affligent... Ma réalité me définit, et nous avons toutes et tous une réalité en chacun de nous, une réalité qui nous aide à avancer, nous motive et nous forge. Métaphoriquement, et pour en revenir au roman de Stephen King, l'auteur façonne sa propre réalité, il ne se calque pas fondamentalement sur les choix existentiels des autres, mais dessine les contours de ce qui l'anime et (ré)interprète à sa manière les codes de la réalité humaine, celle qui nous rapproche autant qu'elle nous éloigne, mais, plus que tout, celle qui nous définit et nous rend uniques.

"Nous sommes ce que nous pensons. Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde."

Bouddha

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En résumé, Les Yeux du Dragon est une très bonne lecture ! Aussi divertissant qu'instructif, il ravira petits et grands lecteurs, amateurs de frissons, de sensations fortes, d'émotions, de réflexion, ou au contraire gros consommateurs de SFFF, chacun(e) y trouvera son compte... Sautez le pas de l'imaginaire, franchissez la frontière du réel et plongez au coeur d'une histoire à la trame passionnante, piquante, intelligente et menée de bout en bout avec une dextérité assassine !

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Détails sur ce livre :

Les Yeux du Dragon, publié aux éditions J'ai Lu

Auteur : Stephen King

Nombre de pages : 472 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

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vendredi 8 janvier 2021

Dracula

dracula- Répondant à l'invitation du comte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur... Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres... -

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Mon avis :

Que ne saurait-on parler de vampires, de créatures de la nuit, sans évoquer l'oeuvre à l'origine de toute chose ? Tout mythe prend racine dans les tréfonds de l'imagination humaine, débordante, sans limite, libre de toute frontière entre le réel et l'absurde... C'est ainsi qu'en 1897, pour la première fois, paraît un livre étrange, sombre, à la résonance mystique, aux notes doucereuses, un roman écrit par Bram Stoker et empreint de cette sensuelle bestialité qui caractérise si bien le vampire originel Dracula, un ouvrage aussi grandiose que dantesque !

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  • Un voyage vers les ténèbres

Embarquons sans tarder pour les Carpates, cette région montagneuse et solitaire perdue au coeur de la Roumanie. Les forêts y sont denses, inquiétantes, silencieuses, les villages épars, la faune sauvage palpitante de vie... Imaginez, représentez-vous ce cadre hors du temps, ce lieu qui, bien que semblant paisible au premier abord, renferme les plus terribles secrets. Bram Stoker plante ainsi le décor gothique de son roman, laissant le lecteur curieux se plonger dans les notes du journal de Jonathan Harker, un jeune clerc naïf, innocent, pur, ignorant tout des affres de la vie, de la perversion humaine, de la corruption des coeurs et des âmes... Sa détermination n'a d'égal que son zèle, l'aveuglant parfois au point de le pousser dans des extrêmes de crédulité assez troublants ! Bien que téméraire, Jonathan se révèle être, comme quelques autres héros de ce roman, un personnage ambigu que l'on aimerait pouvoir apprécier, mais que l'on ne peut s'empêcher de détester inévitablement. Pourtant, il est cette métaphore, cette allégorie vivante de la jeunesse de ce monde lâchée en pleine nature, dans la fourmilière géante de la civilisation, sans autre solution que celle de zigzaguer entre les méandres de l'existence, au milieu du flot ininterrompu d'âmes qui s'élèvent là où d'autres s'abaissent...

On retrouve dans Dracula toute la psychologie humaine détaillée, approfondie, les vices cachés au plus profond de notre être, les démons qui sommeillent en nous et ne demandent qu'à se réveiller pour laisser paraître au grand jour les tourments qui nous rongent, la haine qui nous assaille, la peur qui obscurcit nos pensées et nous déraisonne. Dracula est l'entité qui personnifie et magnifie dans ce qu'elle a de décadent la moralité humaine, les bassesses et les fragilités qui nous détruisent lentement. Pourtant, là où le Comte Dracula mystifie ces traits de caractère, laissant ainsi transparaître de manière infime son côté antihéroïque, Jonathan Harker, sa femme Mina et tous leurs amis apparaissent comme des êtres poussés par la vengeance, la rancoeur, le désarroi, l'incompréhension totale et par un grand sentiment d'injustice à commettre des actes de mort, plus terribles encore peut-être que ceux infligés par le vampire. Car si celui-ci s'abreuve d'innombrables vies, ces existences serpentent entre le monde des vivants et celui des morts : ne pouvant espérer accéder au repos éternel, elles se voient condamnées à errer dans les limbes d'une mort sublime et bestiale. Or, les différents protagonistes eux, ôtent définitivement ces vies, coupant ainsi le cordon qui maintenait ces âmes entre les deux mondes. L'acte des hommes ne serait-il donc pas plus cruel et abject, d'une certaine manière, que celui du non-mort ? La question se pose et m'apporte une réelle réflexion. En effet, peut-on accorder davantage foi aux agissements qui se veulent nobles du docteur Van Helsing et de ses amis, qu'aux desseins immémoriels et sanglants de Dracula ?

Bien que fantastique, ce roman m'a donc permis de découvrir une facette sociale et sociétale non négligeable à l'époque de Bram Stoker. Nos choix de vie font-ils de nous des parias, des créatures infernales vouées à la déchéance ? Nos différences doivent-elles être le reflet d'une hostilité commune et irrémédiable ? Ainsi, le romantisme naturel de cette oeuvre, au lieu de trancher avec le gothique fondamental de l'intrigue, s'associe avec le lyrisme ensorcelant de ses lignes fantomatiques et angoissantes !

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  • Mythe ou réalité ?

Depuis la parution de Dracula en 1897, le vampire n'a cessé de fasciner son public, de l'hypnotiser littéralement. La culture populaire s'est emparé du mythe, l'a façonné et remodelé, mais toujours les origines demeurent ! Je trouvais donc intéressant de plonger au coeur des racines de la légende vampirique et de s'attarder quelques instants sur la véritable histoire derrière le roman culte, grâce à une chronique radio complète diffusée sur Europe 1 l'année dernière et soigneusement travaillée par Franck Ferrand, présentateur de l'émission historique L'ombre d'un doute sur France 3.

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En résumé, Dracula fut une excellente lecture pour moi ! Entre ombre et lumière, mystère et mysticisme, foi catholique profonde et paganisme outrageux, le roman de Bram Stoker est une oeuvre à la fois romantique et gothique, charmante et effrayante, curieuse et fascinante... Laissez-vous happer, transporter aux confins d'un monde de ténèbres ! Partez pour les inquiétantes montagnes de Transylvanie, voyagez au gré des vents, par-delà les mers, et embarquez pour un Londres victorien sanglant et obscur aux côtés du vampire éternel.

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Détails sur ce livre :

Dracula, publié aux éditions Le Livre de Poche

Auteur : Bram Stoker

Nombre de pages : 595 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

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jeudi 5 novembre 2020

Nos amours impossibles - Tome 2

nai-2- Deux ans et demi se sont écoulés depuis que Stanislas est rentré à Paris. Accaparé par ses études et étroitement surveillé par son père, il essaie tant bien que mal d’occulter le passé et les sentiments qu’il éprouvait pour Sofia. Mais le jour où il apprend que la maison secondaire va être vendue et que Mama prend sa retraite, c’est un électrochoc. Stanislas n’a désormais plus qu’une idée en tête : réparer ses erreurs et obtenir le pardon des deux femmes les plus importantes de sa vie. Seulement voilà, les choses ne sont plus telles qu’il les a laissées. Sofia a déménagé et Mama refuse de lui transmettre sa nouvelle adresse.

Stanislas parviendra-t-il à retrouver celle qui n’a jamais quitté ses pensées ? Le cas échéant, la jeune femme lui pardonnera-t-elle de n’avoir jamais tenu sa promesse ?

La vie offre parfois une seconde chance. Stan et Sofia sauront-ils la saisir ? -

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Mon avis :

Je tiens à remercier Ninon Amey, l'auteure de ce roman, de m'avoir accordé sa confiance pour la lecture et la critique de son livre.

Alors que le premier tome de cette duologie signait l'entrée de l'auteure sur la scène young adult, ce second volume poursuit avec brio les aventures à la fois dramatiques et romantiques du duo formé par Sofia et Stanislas. Tandis qu'à la tourmente de leurs coeurs s'ajoute l'éloignement de leurs âmes, les deux jeunes gens réussiront-ils à faire face aux épreuves de la vie ? Le destin saura-t-il les réunir à nouveau, ou bien brisera-t-il à tout jamais le lien qui les unit ?

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  • Une promesse d'amour

Divisée en deux tomes, la série Nos amours impossibles permet à Ninon Amey d'offrir à ses lecteurs une histoire des plus complètes, où les personnages prennent une profondeur nouvelle, car leur psychologie, leur évolution émotionnelle, leurs parcours personnels offrent, tant à l'auteure qu'à son public, une facette inédite et riche que le travail d'écriture réussit à affiner, à étoffer au fil du temps. Les romans de Ninon Amey ont toujours été de gros coups de coeur pour moi, mais ce dyptique enrichit sa bibliographie d'un aspect rédactionnel nouveau, une progression, une étape supplémentaire franchie dans sa vie de romancière. Nos amours impossibles signe ainsi non pas le paroxysme de son oeuvre, mais l'aboutissement logique et à la saveur incomparable de ses nombreuses et merveilleuses années d'investissement dans le monde de la romance contemporaine ! Au cours de ce tome 2, nous nous retrouvons donc confrontés au deuil du coeur de nos deux personnages, à leurs existences séparées mais néanmoins toujours liées, et le chapitrage alterné de leurs points de vue donne un sentiment de liberté confinée, prisonnière de leurs sentiments toujours vivants mais vivotants. Comment Stanislas et Sofia en sont-ils arrivés là ? Mystère ! Du moins, pour celles et ceux d'entre vous qui n'auraient pas lu le premier volume (je vous renvoie à la chronique qui lui est dédiée juste ICI). S'accrocher à ses rêves, espérer follement, attendre... Nos deux héros se perdent, se confondent, s'apprivoisent, se mélangent et tentent, dans la vie qu'ils se construisent chacun de leur côté, de se retrouver vraiment.

Au détour d'amitiés inattendues, de rencontres inespérées et de chemins croisés, Sofia et Stanislas découvriront qui ils sont véritablement. Ils apprendront autant d'eux-mêmes que des autres, chacun à sa manière, et ressortiront plus forts, plus aguerris, plus épanouis de leur histoire. Car même si leurs routes se séparent, elles reviennent inévitablement l'une vers l'autre et conduisent le destin à les réunir malgré eux. Cette promesse d'amour, ce lien fraternel indéfectible qui les rapproche autant qu'il les éloigne, amène, grâce à quelques quiproquos savamment dosés, les deux protagonistes à se remettre en question par rapport à tout ce qu'ils ont vécu, ensemble ou séparément. Ninon Amey propose ainsi au lecteur de revenir sur les points forts du premier tome : le deuil, les traditions familiales oppressantes, les violences faites aux femmes, le harcèlement moral, physique même, le choc des cultures... Ce nouvel opus est en quelque sorte un hommage, une célébration littéraire à tous ces thèmes sociaux et sociétaux assez peu exploités. Je trouve que mettre en avant ces sujets dans une histoire aussi belle que bien écrite permet à tout un chacun d'apprécier dans ce qu'elle a de simple et de tolérant l'intrigue imaginée par l'auteure. À travers ce roman, Ninon Amey met sa plume au service de l'ouverture d'esprit et du respect mutuel : regarder son passé sans le craindre, vivre son présent pleinement à chaque instant et imaginer son avenir sereinement. Être en paix avec soi-même, c'est être en paix avec les autres, c'est les comprendre et les accepter tels qu'ils sont sans forcément pouvoir changer leur façon d'être. Sofia comme Stanislas vivent aux dépens de leurs propres peurs, des craintes sourdes et invisibles qui les habitent, de cette conscience qui, quelque part, leur pèse et les mine au plus profond de leurs coeurs. Pourtant, malgré les difficultés, malgré la rancoeur, malgré les larmes, l'amour est, d'une certaine manière, plus fort que tout le reste, inondant les âmes noyées de chagrin d'une lumière bienveillante et réconfortante...

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  • La fin d'un commencement

Te retrouver conclut à merveille le cycle formé par les deux volumes de Nos amours impossibles. Ninon Amey signe une fois encore un roman riche en émotions et élargit ses horizons littéraires grâce au genre, assez nouveau pour elle, de la romance young adult. Ayant laissé mes yeux vagabonder sur ses réseaux sociaux, je me suis même laissé dire qu'un spin-off intégré à l'univers de sa duologie verrait bientôt le jour... Affaire à suivre ! Quoi qu'il en soit, à travers chacune des histoires qu'elle écrit, Ninon Amey se réinvente, travaille son style, affine son approche, parfait les thématiques qui lui tiennent à coeur et nous bouleversent toujours avec ses personnages attachants, réalistes, humains et auxquels l'on peut facilement s'identifier. Stanislas et Sofia ne font pas exception à cette règle, le drame de leur histoire ébranle autant qu'il attendrit, il redéfinit les codes de la romance et propose d'y inclure des éléments tangibles, perturbateurs, susceptibles de renverser la situation, de chambouler l'esprit attentif du lecteur, de l'impliquer pleinement comme s'il était lui-même un personnage à part entière de l'ouvrage... C'est là toute la force, toute la beauté, la magie et le naturel de l'oeuvre de Ninon Amey !

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En résumé, Nos amours impossibles est une excellente saga ! Deux tomes, deux coups de ♥. Laissez-vous tenter par l'histoire de Sofia et Stanislas, goûtez à leur bonheur, vivez leurs malheurs et laissez leur amour vous submerger... Une pépite à mettre entre toutes les mains, que vous soyez romantiques dans l'âme ou fleur bleue à vos heures perdues !

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Détails sur ce livre :

Nos amours impossibles - Tome 2, autoédité en ebook (existe aussi au format papier)

Auteur : Ninon Amey

Nombre de pages : 384 pages (au format numérique)

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

coup de coeur

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samedi 26 septembre 2020

Le fin sauveur du monde

le-fin-sauveur-du-monde- C'est lors d'un puissant tremblement de terre dans un pays émergent que Damyr voit le jour. Protégé au milieu des décombres par les dépouilles de ses parents morts sur le coup, le nouveau-né a miraculeusement survécu. Adopté par un couple d'Occidentaux, il grandit entre deux opposés : une mère astronaute idéaliste et un père fossoyeur désillusionné, l'optimisme et le désenchantement. Enfant précoce, Damyr a toujours soif d'apprendre et développe son sens critique. Ses dons phénoménaux et son désir de sauver la planète du péril climatique donnent foi en un avenir meilleur pour le monde. En sera-t-il le sauveur ? -

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Mon avis :

Je tiens à remercier les éditions Librinova, ainsi que Marco Bélanger, l'auteur, de m'avoir accordé leur confiance pour la lecture et la critique de ce livre.

Une lecture a-t-elle le pouvoir de réunir entre ses pages tout ce qui fait la beauté et la force du monde au coeur même des pires tourmentes ? Sommes-nous réellement en droit d'attendre que tout, autour de nous, se change, s'effondre et se détruise ? Rien, sinon une véritable prise de conscience collective mais aussi individuelle, ne saurait nous faire changer de trajectoire... Alors, que peut-on espérer d'un petit ouvrage comme Le fin sauveur du monde ? Au fil des mots, sa lecture atypique enchante autant qu'elle impacte et ne laisse personne dans l'ignorance des faits.

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  • L'amour pour épée, l'humour pour bouclier

C'est sur cette citation de Bernard Werber que j'introduis ce premier paragraphe, car il reflète à merveille la subtilité ironique, sarcastique, caustique même, que met en scène Marco Bélanger dans son roman. Comment aborder le sujet de la déchéance humaine, planétaire, sans brusquer le lecteur curieux ? Usons de l'humour, d'une désinvolture légère sans être trop complaisante avec elle-même, prenons la thématique à bras le corps et faisons des plus sombres prédictions d'avenir une leçon de vie. La Terre est déjà engagée sur le chemin du non-retour, sa fin, proche ou lointaine, semble inéluctable, et pourtant... L'auteur se propose d'imaginer Damyr, un garçon unique né lors d'un violent séisme dans un pays pauvre en proie à la famine, à la guerre, aux conflits intérieurs et extérieurs. De cette naissance inattendue, voire même miraculeuse, résulte une histoire aux fondements philosophiques, à la perspective initiatique particulière qui rend l'intrigue vraiment intéressante à suivre. Le fond renferme cette part d'incertitude teintée des questionnements sociaux, sociétaux, environnementaux et politiques émaillant la pensée de l'auteur. Non pas qu'il remette en doute les choix de l'humanité, son évolution, mais son cheminement spirituel et intellectuel, vécu à travers les yeux de Damyr, touche et interpelle, déstabilise et enseigne, apprend que la vie, dans sa nature sauvage, cruelle, impitoyable, passe par quatre étapes dans le renouveau de son écosystème : les prémices, le paroxysme, la déchéance finale et la naissance d'un monde nouveau.

L'Histoire nous a montré que rien n'est voué à durer, tout naît, vit et meurt, disparaît dans les méandres de l'infini, se perd dans le long fleuve sinueux du temps. Pourtant, si la fin est inévitable, son échéance ne saurait se rapprocher davantage si l'Homme comprend et apprend de ses erreurs passées et présentes. Il peut retarder ce délai, se recentrer sur lui-même, sur les véritables enjeux qui seuls doivent le préoccuper, être l'objet de son attention. L'équilibre et l'harmonie sont indispensables à la bonne marche d'un tout, que ce soit au sens large et commun, ou bien à plus petite échelle. Sous les traits de Damyr, Marco Bélanger incarne ainsi la neutralité bienveillante et tolérante, celle qui constate, entend, voit et sent, se donne les moyens d'agir à son niveau, mais aussi d'ôter les oeillères aveuglant le plus grand nombre. Il demeure malgré tout une distance, car l'auteur laisse le choix à son lectorat d'adhérer ou non à sa vision du monde, il ne souhaite pas créer un autre opposé, celui de s'obliger à accepter les choses : chacun est libre ou pas de mener son propre combat, à sa manière, sans que le jugement de qui que ce soit interfère dans son quotidien et détourne sa personnalité.

Au cours de ma lecture, j'ai pu me rendre compte que l'Homme n'aime pas être mis au pied du mur, se trouver devant un fait accompli, car il n'aime pas apprendre la vérité de manière frontale et objective, et la mésentente directe entre points de vue divergents l'amène à s'écarter de la discussion, à s'éloigner des doutes qui l'auraient progressivement étreint jusqu'à l'amener sur la voie d'une autre éducation. Le fin sauveur du monde m'a permis de voir que l'on est souvent impuissants face à une situation donnée, mais que nous avons malgré tout la capacité de changer le cours des choses, même de façon minime, dérisoire. Nos actions, bonnes ou mauvaises, sont donc pour nous la clé d'un futur que nous sommes seuls à pouvoir écrire, raturer et modifier : nous pouvons aimer ce monde sans le blesser, le défigurer, l'assécher, le briser, le tuer et l'éteindre telles les braises d'un foyer encore chaud.

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  • Une nouvelle Terre

La plume de l'auteur est piquante, dérangeante pour qui ne parvient pas à ressentir la saveur aigre-douce de son écriture ! Bien que court, ce roman se veut à la fois distrayant et constructif. Son contenu, loin d'être creux et dénué d'arguments, arbore un aspect quelque peu corrosif par moments, comme s'il osait braver certains interdits, s'affirmer et défier les lois de la bien-pensance. C'est un anti-conformisme littéraire original, innovant, dramatique et ingénieux, rêveur et solitaire, décadent et touchant... Car il suscite chez le lecteur une foule d'émotions qui, autant qu'elles le perturbent, lui donnent envie d'en savoir plus pour que son monde intérieur cohabite avec son univers extérieur. Marco Bélanger a créé Damyr comme étant un personnage à part entière, et sa différence pose également la question d'un retour aux valeurs morales qui définissent l'humanité. Rien n'est envisageable quand la discorde règne entre les peuples, quand le mépris rejoint l'indifférence et s'associe avec l'injustice... La force des liens et l'unicité de tous sauront rendre ses couleurs, sa beauté et sa magie d'antan à cette Terre que nous foulons chaque jour sans prendre le temps de la remercier.

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En résumé, Le fin sauveur du monde est une très bonne lecture ! Le parcours de Damyr enseigne autant qu'il ravit et inquiète, car ses actions, aussi imaginaires soient-elles, inculquent une façon peu commune d'être et d'appréhender le monde, de le voir dans ce qu'il a de simple et d'essentiel. L'auteur a su écrire avec toute la conviction d'un romancier passionné et investi, et avec toute la bienveillance et la générosité que renferme le coeur des hommes.

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Détails sur ce livre :

Le fin sauveur du monde, publié en ebook aux éditions Librinova (existe aussi au format papier)

Auteur : Marco Bélanger

Nombre de pages : 126 pages (au format numérique)

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

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