dimanche 16 juillet 2017

La Louve

Source: FlickrBonjour à toutes et tous,

Lorsque je ne pratique aucune des activités qui font de ce blog ce qu'il est, j'écris un peu. Pas des romans, loin de là ! Je n'ai pas la plume de J. K. Rowling pour me lancer dans l'écriture d'une saga. Non, pour le moment je rédige des nouvelles.

À la fin de l'année dernière, j'en ai écrit une que j'ai intitulée "La Louve". Je l'aime énormément, et j'ai décidé de la publier ici. Cela  me ferait plaisir que vous me donniez vos impressions, qui m'aideront à m'améliorer si je poursuis dans l'écriture. J'espère qu'elle vous plaira, et sur ce je vous laisse avec le texte. ;)

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Je suis une louve. Ma Vie a connu de nombreuses lunes, et aucune meute ne veut de moi. Pourtant, j'aimerais faire partie d'un clan. Mon bonheur serait parfait. Un chef, des compagnons... Dans ces moments de solitude, il m'arrive parfois de penser à mes petits. Ils n'étaient pas, à proprement parler, mes petits. Mais je les considère tout comme. Lorsque Dame Nature a créé le monde, les valeurs essentielles, qui sont les fondements de tout ce qui existe, ont été réparties de telle sorte, que certains de mes semblables avaient la capacité de donner la Vie. Moi, j'étais stérile.

Ce mot résonne en moi depuis toujours. J'accorde beaucoup d'importance au respect de la Vie, quelle qu'elle soit. Ils sont tombés du nuage Espérance. Un jour que j'allai m'abreuver au ruisseau proche de ma tanière, j'ai entendu. Je n'oublierai jamais ces pleurs, ces appels. Ils étaient là, cachés dans les herbes encore humides de la rosée matinale. Leurs yeux laissaient transparaître une détresse immense... Je pensai alors leur mère tout près d'ici. Je retournai à ma tanière et attendis. Personne ne vint reprendre ces deux petits louveteaux. Je me rappelle encore de la débrouillardise de l'un... Un petit futé. Il n'était pas aussi robuste que son frère, mais il était plus malin. L'autre était un peu timide, un peu boudeur.

Comme s'ils n'attendaient pas que quelqu'un se préoccupe d'eux, de savoir où ils sont, les deux petits se sont approchés de moi. Sans peur. Je n'étais pas leur mère, après tout. Mais au fond de moi, j'ai ressenti de l'amour. De l'amour maternel. Ils étaient seuls, comme moi. Leurs petites pattes ont effleuré mes doigts griffus de louve. À ce moment-là, mon destin fut scellé au leur. Souvent, j'ai parlé aux Sages Célestes, dont ma mère me contait les légendes autrefois. Je les entendais, j'écoutais leurs réponses. Ma Vie était liée à celles des petits. Rien ne pouvait me séparer d'eux. Du moins, je le croyais. Ils ont grandi. Je les ai vus mûrir, et j'ai pressenti l'arrivée de ce jour. Le grand départ.

Mon bonheur devait être échangé, parce que le temps passait. Il fallait troquer cette félicité maternelle contre un chagrin d'indépendance... À mesure que ce jour approchait, je les ai vus changer. Les chamailleries fraternelles sont devenues une jalousie maladive pour l'un, et l'insouciance enfantine des connaissances pleines de sagesse pour l'autre. Mais ils étaient différents. De moi. Des loups. Puis, c'est arrivé. Sans aucune fourrure sur leur corps, aucune griffe sur leurs doigts, aucun croc acéré dans leur gueule, Romulus et Rémus m'ont laissée seule. Ils sont partis...

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Je vous dis à très bientôt pour un prochain article.

Sue-Ricette

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Image trouvée sur le site https://fr.vikidia.org

Posté par Sue-Ricette à 08:10 - Commentaires [8] - Permalien [#]
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