histoire-de-pi- Lorsque le bateau qui emmenait la famille Patel au Canada sombre au beau milieu de l'océan Pacifique, le jeune Piscine se trouve être le seul survivant du naufrage. Monté à bord d'une chaloupe, Pi se pense en sécurité et espère être sauvé rapidement. Mais lorsqu'il découvre Richard Parker, le tigre du Bengale du zoo de son père à Pondichéry, les choses se compliquent... Durant 227 jours, il devra affronter la faim, la soif, le froid, la chaleur et les réactions imprévisibles de Richard Parker. -

**********

Mon avis :

Ce roman faisait partie de ma PAL d'été, et j'ai commencé à le lire au mois d'août. Je ne l'ai terminé qu'en octobre, après trois mois de lecture environ, et malgré quelques lenteurs au niveau du rythme de l'intrigue, L'Histoire de Pi est une belle découverte littéraire !

En trois points, je vous propose de mieux connaître et comprendre l'univers imaginé par Yann Martel ! :)

**********

  • Pi : un personnage plein de sagesse

Piscine Molitor Patel est le personnage principal de ce roman, puisque ce sont ses aventures que l'auteur va nous conter. L'histoire commence en Inde, à Pondichéry, où la famille Patel vit paisiblement. Pi est le fils du directeur du zoo local, dans lequel cohabitent de nombreuses espèces : tigres, orangs-outans, hyènes, zèbres, lions...

Le jeune garçon s'intéresse de près au sens de la vie, aux origines de l'existence et à trois religions qu'il côtoie chaque jour : l'hindouisme, l'islam et le christianisme. Tout au long des 476 pages de ce roman, le personnage de Pi nous invite à réfléchir sur ce que l'on croit et ce que l'on ne croit pas. En effet, Yann Martel propose au public une approche à la fois spirituelle et athée sur la vie et ses origines.

Plusieurs fois, Pi va se trouver confronté à ces deux points de vue, qui sont représentés par diverses personnes, telles qu'un professeur de son collège et un vieil homme croyant avec qui il se liera d'amitié. Dans son roman, l'auteur a créé un parallèle très intéressant entre la science et la religion. Piscine fait en quelque sorte office d'intermédiaire : il offre au lecteur la possibilité de choisir l'une ou l'autre de ces voies.

C'est un point que je détaillerai plus en profondeur dans le paragraphe suivant, car Yann Martel donne encore le choix à son lecteur un peu plus loin dans son livre. Je reviens rapidement sur le personnage de Pi, qui délivre un beau message d'amour et de paix. Du fait qu'il côtoie l'hindouisme, l'islam et le christianisme, Piscine décide de n'être ni hindou, ni musulman, ni chrétien... mais d'être universel dans son amour pour Dieu !

Pour lui, les couleurs de la religion importent peu, du moment que l'on croit et que nos prières sont destinées non pas à une divinité en particulier, mais à celle(s) que l'on porte dans notre coeur. Pi nous le montre à plusieurs reprises, où il peut aussi bien prier Jésus qu'Allah, des dieux et déesses hindous ou encore sa mère, qu'il aime plus que tout ! Sa pluralité religieuse ne l'empêche pas d'aimer la vie, de l'apprécier chaque jour qui passe.

**********

  • Croire ou ne pas croire...

... telle est la question ! Dans L'Histoire de Pi, l'auteur propose à son lecteur une fin assez philosophique. Sans vous spoiler quoi que ce soit, Pi se retrouve face à deux personnes, dont l'esprit scientifique refuse de s'ouvrir à l'incroyable. Parce que oui, le jeune garçon va vivre des moments particulièrement difficiles durant 227 jours, mais il va aussi connaître des moments de joie, de fierté, des moments incroyables. Le récit qu'il nous livre peut paraître abracadabrant, poétique et magnifique mais sans une once de vérité, romancé et arrangé pour susciter l'intéret des gens...

Pourtant, Pi ne se démonte pas et livre une toute autre version des faits, une qui correspond mieux aux attentes des deux scientifiques. Le récit semble alors plus plausible, mais beaucoup plus sombre et macabre, avec des personnages violents et sans pitié ! C'est là que se pose la problématique de croire ou pas ce que raconte Piscine. Je vous laisse découvrir quelle version choisiront les scientifiques en lisant le roman de Yann Martel, mais pour ma part je pense que c'est ce que nous croyons au fond de nous-mêmes qui compte le plus.

On peut mettre en parallèle la spiritualité et l'athéisme avec les personnages de ce roman. Pi représente l'ouverture d'esprit et les possibilités de l'existence de quelque chose d'incroyable et d'extraordinaire : Dieu, vivre des aventures peu communes, survivre dans des conditions de vie extrêmes... À l'inverse, on peut rapprocher les scientifiques qui l'interrogent de la pensée athéiste, où il y a toujours une explication rationnelle à un phénomène que l'on ne peut pas expliquer par la mystique.

**********

  • Le rythme : pour essayer de tromper l'enui...

Le seul point négatif de ma lecture est le rythme de l'histoire. Le livre est divisé en trois parties : la première est essentiellement consacrée au cheminement spirituel de Pi, la seconde nous raconte sa survie dans la chaloupe, la troisième partie relate son sauvetage et l'entretien avec les deux scientifiques dont je vous ai parlé un peu plus haut.

Le rythme de la narration vient un peu contrebalancer tout ce que j'ai pu évoquer depuis le début ; la lenteur et le manque d'action ont fait que j'ai mis un peu plus de deux mois pour lire ce roman. L'intrigue est intéressante, mêlant aventure, philosophie de vie, guide pratique et journal intime. Le récit se base du point de vue de Piscine, c'est lui qui nous raconte son histoire.

Mais j'ai trouvé sa narration lente et avec quelques longueurs. Il y a de nombreuses descriptions des paysages, qu'ils soient situés en Inde, sur l'océan Pacifique ou même plus tard sur une île. Les décors foisonnent de détails colorés, la couleur jouant un rôle important dans le quotidien de naufragé de Pi : du bleu à perte de vue, tous les jours !

Dans sa solitude extrême, Pi répète assez souvent les mêmes choses. Cela peut concerner la chaloupe, le radeau qu'il a fabriqué, Richard Parker ou encore le peu de chances qu'il y a de trouver son embarcation perdue dans l'immensité océane. Il cherche à tromper l'ennui, essaie d'oublier la chaleur, le froid, la faim, la soif et le tigre du Bengale qui se trouve à moins de dix mètres de lui ! Pour ma part, j'avais l'impression de ressentir la lassitude du jeune garçon, sa fatigue, son envie de tout laisser tomber...

Cela m'a quelque peu déçue, car j'ai bien aimé les idées de l'auteur, les personnages, l'évolution de l'intrigue, la fin du roman qui donne matière à réfléchir sur ce que nous croyons ou pas... mais je n'ai pas adhéré à la narration, que j'ai trouvé lente et longue.

**********

En résumé, est-ce que je vous recommande de lire L'Histoire de Pi ? Oui, sans aucune hésitation ! C'est un récit d'aventures très intéressant, mais aussi un ouvrage documenté et recherché sur la survie en mer. Yann Martel a écrit un roman qui peut être lu à tout âge et mis à part la narration, sur laquelle je n'ai pas trop accroché pour ma part, c'est un  livre à mettre en toutes les mains.

**********

Détails sur ce livre :

L'Histoire de Pi, publié aux éditions Folio Junior

Auteur : Yann Martel

Nombre de pages : 476 pages

**********

Je vous dis à très bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette