arena-13- Les temps sont funestes pour l’humanité, qui a presque disparu de la Terre, vaincue par des machines douées de conscience. Les derniers humains vivent confinés dans le pays de Midgard, entouré par une infranchissable barrière de brouillard. Au-delà, personne ne sait ce qu’est devenu le monde. Dans les arènes de Gindeen, la seule ville du pays, des combats se succèdent toute la journée. Dans l’Arène 13, on mise sur celui qui, le premier, fera couler le sang, on parie sur celui qui trouvera la mort... Un jour, un jeune garçon, Leif, arrive à Gindeen... Son ambition ? Combattre dans l’Arène 13 et défier Hob qui terrorise les habitants et vole leurs âmes. Il veut prendre sa revanche sur l’infâme créature qui a détruit sa famille, devrait-il y laisser la vie... -

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Mon avis :

Si vous me suivez depuis mes débuts sur la blogosphère (bientôt cinq ans !), vous n'êtes pas sans savoir que Joseph Delaney fait partie de mes auteurs coups de coeur. En effet, s'il est bien connu pour sa saga L'Épouvanteur, dont vous pouvez retrouver mes différentes chroniques juste ICI, je ne l'attendais pas sur le terrain dystopique. Après lecture de ce premier tome issu d'une trilogie, je dois dire que la surprise fut au rendez-vous et que, comme toujours avec Joseph Delaney, je ne suis jamais déçue.

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  • Un autre univers

Si L'Épouvanteur plaçait son histoire et ses personnages dans un univers fantasy où sorcières, gobelins et autres forces démoniaques pullulent, Arena 13 propose un environnement tout autre au lecteur : une cité futuriste dans un monde en déliquescence où l'humanité survit, balayée entre la misère et la peur. La mort est aux portes de Gindeen, représentée par la menace froide, l'ombre pesante de Hob, un être malfaisant répondant au nom de djinn. S'ils ne s'apparentent en rien aux créatures mythologiques orientales, ce sont en revanche des machines programmées par l'homme pour obéir, suivre des ordres précis, combattre, faire la guerre... Leur intelligence cependant trop développée leur a permis de s'affranchir du joug humain et de semer le chaos sur Terre, décimant les populations et confinant les derniers survivants dans une cité aux allures de bourbier, où les combats de gladiateurs tels qu'ils existaient dans l'Antiquité sont monnaie courante et représentent en quelque sorte le coeur de vie de Gindeen pour bien des habitants.

Joseph Delaney puise donc directement son inspiration dans la Grèce et la Rome antiques, combinées à des données actuelles, voire même parfois anticipatrices. Les programmes d'encodage, le langage informatique corporisé pour inscrire les consignes de combat dans la mémoire des lacres (intelligences artificielles conçues pour les combats d'arène), les enchaînements chorégraphiques au coeur même de l'arène, la maîtrise du gladius ou du tri-gladius... Tout s'imbrique parfaitement et donne ainsi naissance à une structure littéraire, un schéma narratif aux antipodes de L'Épouvanteur. Le cadre dystopique à mi-chemin entre progrès technologique et retour à un mode de vie quasi-primitif, presque sauvage et barbare, pose les bases d'un univers élargi qui, à sa manière, crée un parallèle, un lien aussi terrible qu'indéfectible entre passé, présent et futur.

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  • Entre l'un et l'autre...

Bien qu'Arena 13 offre à Joseph Delaney la possibilité d'imaginer une nouvelle histoire, de nouvelles frontières, de nouveaux codes, l'auteur aime à reprendre des éléments "fondateurs" de sa saga la plus connue, j'ai nommé L'Épouvanteur. Et tant qu'à parler de similitudes entre les deux romans, autant se concentrer sur la principale, à savoir les personnages. Leif et Tom présentent en effet plus d'une ressemblance, leurs caractères respectifs sont très similaires et mettent en avant une fatalité inévitable qui s'abat sur eux. Héros malgré eux, ils représentent le seul avenir de l'humanité. Dotés de capacités mystérieuses, ils défient les lois, bravent le danger, brisent les règles et osent prendre des initiatives qui, à plus d'une reprise, pourraient leur coûter la vie. Il en va de même pour Alice et Kwin, aussi têtues, fières et intrépides l'une que l'autre, sans oublier leur tempérament plutôt solitaire, parfois ombrageux, mais toujours avenant.

Par ailleurs, l'auteur conserve un style d'écriture jeunesse, qui s'adresse tant à un public novice qu'à un lectorat plus avisé. Petits et grands peuvent donc y trouver leur compte sans problème, les uns découvrant une intrigue passionnante, frissonnante, rude par moments, alternant entre moments de réflexion et d'action, les autres se plongeant dans une dystopie originale, aux accents évocateurs d'un passé lointain, comme enfoui en nous, un questionnement interne qui nous amène à reconsidérer nos avancées pour mieux les appréhender, à tirer des leçons du passé pour mieux comprendre et vivre notre avenir...

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En résumé, Arena 13, s'il n'est pas un coup de coeur pour moi, reste néanmoins une très bonne découverte ! N'étant pas en possession du tome 2, je vais devoir patienter avant de poursuivre ma route aux côtés de Leif et Kwin dans leur combat acharné contre Hob. Quoi qu'il en soit, ce premier tome vaut le coup d'oeil et plaira, j'en suis certaine, aux fans de Joseph Delaney et de L'Épouvanteur.

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Détails sur ce livre :

Arena 13 - Tome 1, publié aux éditions Bayard Jeunesse

Auteur : Joseph Delaney

Nombre de pages : 379 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette