samedi 13 juin 2020

Son Excellence Eugène Rougon

son-excellence-eugène-rougon- Voici un roman centré autour d'un personnage, et ce personnage lui-même ne vit que par et pour la politique. Voici un roman où la politique ne fait pas une apparition occasionnelle, comme dans L'Éducation sentimentale ou même Lucien Leuwen, mais qui, d'emblée, se propose de montrer les coulisses gouvernementales, les aspects officiels de la vie politique, et aussi bien ses dessous, nous fait assister à une séance de l'Assemblée et à un conseil des ministres. Un roman qui présente l'ambition politique comme une idée fixe, comme une passion mobilisant toutes les forces d'un homme. Ce n'est pas si mince originalité, du moins à la fin du XIXe siècle. Rassurons-nous, en effet, tout cela se passe sous le Second Empire : aucune allusion à notre siècle finissant n'est à craindre. Et pourtant... -

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Mon avis :

Pour cette chronique, le temps aura sans doute été mon meilleur allié... et mon pire ennemi aussi ! Il m'a fallu environ un mois pour venir à bout du sixième tome des Rougon-Macquart, un volume qui, pour la première fois depuis le début de mon aventure littéraire dans le monde de Zola, ne m'aura pas laissé un souvenir impérissable et m'aura même quelquefois ennuyée.

Allons donc ! Ai-je vraiment détesté à ce point Son Excellence Eugène Rougon ? Pas si sûr, mais la balance ne penche cette fois pas en faveur du coup de coeur pour autant... Un avis détaillé s'impose donc, un avis qui revient sur les dessous de ce grand roman, car oui, s'il fut malgré tout une lecture laborieuse pour moi, il n'en reste pas moins une oeuvre grandiose et passionnante.

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  • Faire son entrée dans le grand monde

C'est, je pense, l'aspect qui m'a le plus passionnée tout au long de ma lecture. Émile Zola dresse ici le portrait d'un empire opportuniste et à la politique tout aussi fluctuante que ses représentants. Si l'auteur nous avait déjà confrontés à la haute société dans La Curée (chronique ICI), je trouve pour ma part que le sujet est davantage travaillé et exposé dans toute sa dérangeante nudité, si je puis l'exprimer ainsi, dans ce nouvel opus. Les personnages de La Curée restaient des bourgeois plutôt aisés qui, par leur fourberie et leur ambition démesurée, avaient réussi à tirer leur épingle du jeu pour se tailler une place dans le beau monde. Eugène Rougon est en quelque sorte l'opposé d'Aristide Saccard, car là où ce dernier se fait spéculateur malhonnête, l'autre témoigne à l'Empire une fidélité et une loyauté à toute épreuve.

Il est un peu comme le limier de l'empereur, étant tout autant un esclave, un pion dont il est facile de se débarrasser, qu'un valeureux conseiller et exécutant acharné, dévoué à faire appliquer les décisions d'une politique qu'il mène tambour battant. Mais la chute, inéluctable, de ce personnage à l'influence notoire et à la naïveté enfantine ne risque-t-elle pas de soulever des polémiques sourdes, des colères silencieuses, des contentieux de longue date écrasés dans l'indifférence et le mépris ? Ainsi, Zola dépeint avec beaucoup de droiture les vices inamicaux qui empoisonnent l'existence et se saisissent de la crédulité humaine, laissant choir aux pieds des intéressés une carcasse de belles promesses mensongères sur laquelle se ruent les bonnes volontés aveuglées par les caresses et les paroles à la saveur douceâtre :  Eugène Rougon n'est rien d'autre qu'un chien obéissant aux ordres qu'on lui donne, et le pouvoir totalement illusoire qu'il croit détenir n'est en réalité que le fruit d'une manipulation savamment orchestrée par son entourage proche ou lointain.

Que l'on considère ou pas Émile Zola comme un romancier visionnaire, on ne peut pas nier le côté précurseur, avant-gardiste et toujours d'actualité de ses propos. La fiction littéraire, ce support incroyable qui peut donner vie à toutes les idées, sert la pensée de l'auteur. Paradoxalement, la fiction n'est pas plus au service de l'écrivain que celui-ci ne sert les intérêts de son oeuvre : c'est une collaboration intellectuelle dans laquelle se déversent les incompréhensions, les doutes, les incertitudes, les désaccords, les mésententes, sans oublier les inimitiés profondes qui subsistent dans la réalité de l'auteur... Zola écrit, Zola caricature, Zola critique, mais Zola construit son jugement et le nourrit d'exemples, de vérités historiques qu'il a rassemblés pour non pas décider le lecteur à choisir un idéal ou un autre, mais plutôt pour l'amener à se façonner sa propre opinion, sans subir l'influence extérieure qui échauffe les esprits et divise les hommes.

Subtilement bien sûr, l'ouvrage conserve malgré tout une part de rejet, une opposition farouche au conformisme, à la bien-pensance. C'est une thématique qui, aujourd'hui encore, fait débat et nous noie dans l'adversité autant que dans la déliquescence progressive de nos sociétés. C'est l'oubli, la mise en quarantaine de la liberté, l'obsolescence programmée de l'humanité, la régression du libre-arbitre... Même si je n'ai pas su apprécier ce livre autant que j'aurais aimé, j'ai été touchée par le combat moral, subliminal mais tellement puissant, cette lutte incessante pour que chacun(e) de nous puisse être la personne qu'il/elle est vraiment, et pas ce que d'autres ont décidé que nous devions être.

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  • Reculer pour mieux sauter, la chute sera douloureuse...

Ce qui, finalement, ôte tout le charme de ce roman, ce sont les personnages. Ils sont tellement mesquins, cruels et calculateurs qu'ils en deviennent ennuyeux. Leur hypocrisie en vient à frôler le ridicule et leur médiocrité de caractère ne nous laisse en bouche qu'une certaine amertume. Ils sont déplaisants, manipulateurs et assombrissent le récit, ils obscurcissent la petite lueur d'espoir qui, tout au long de l'histoire, semble briller au loin comme pour nous inviter à croire que tout peut s'arranger. Mais en réalité, tout n'est qu'illusion du début à la fin ! La sincérité, les amitiés, la confiance... Comme Eugène Rougon se laisse embobiner par son sens aigu de la justice, le lecteur se fait littéralement avaler par les détournements littéraires dont Émile Zola use pour taquiner notre esprit.

C'est un jeu, une farce intelligente qui ne laisse rien au hasard, mais qui, par une malheureuse palette de protagonistes détestables, plonge le lecteur dans l'ennui et la lassitude que vient cependant contrer l'invariable force d'écriture de cet auteur. Tout se confond habilement et se perd dans un mélange de culpabilité assassine, machiavélique, désespérée... Et ainsi Son Excellence Eugène Rougon nous captive à sa manière et nous entraîne dans la redoutable contemplation du monde tel qu'il fut hier, qu'il est aujourd'hui et qu'il sera peut-être demain !

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En résumé, Son Excellence Eugène Rougon est un classique, un livre qui, pour moi, malgré les points négatifs que j'ai pu observer, reste un incontournable qu'il faut découvrir ! Émile Zola nous confronte à notre part d'ombre et de lumière, éveille en nous des sentiments qui, sur le moment, peuvent nous apparaître contradictoires et complètement décousus, mais qui s'avèrent être les fils conducteurs de notre pensée. Un grand roman qui mérite d'être lu !

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Détails sur ce livre :

Son Excellence Eugène Rougon, publié aux éditions Le Livre de Poche

Auteur : Émile Zola

Nombre de pages : 424 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

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vendredi 17 avril 2020

De la Terre à la Lune

de-la-terre-a-la-lune- Après la fin de la Guerre de Sécession, le Gun Club de Baltimore et son président, Barbicane, lancent le projet à première vue insensé de projeter un boulet de canon sur la Lune. Après plusieurs réunions, le Gun Club s'organise et lance une collecte de fonds en direction de toute la planète. L’argent récolté, le projet prend forme et un immense canon, le Columbiad, voit le jour. -

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Mon avis :

En avril, ne te découvre pas d'un fil... même si tu dois aller sur la Lune ! Un voyage spatial peu commun, une quête cosmique incroyable, inédite, et que Jules Verne parvient pourtant à visualiser avec une imagination détonante, un panache révolutionnaire... Au coeur du firmament étoilé, quels secrets l'astre du soir renferme-t-il ? Aux frontières du réel, au-delà de tout ce qui peut exister et dépasser les barrières de l'inconscience même, l'homme peut-il espérer fouler son sol encore inexploré ?

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  • Le génie de l'écriture

Lorsque l'on parle d'inventivité, de créativité, d'évasion libératrice et visionnaire, comment ne pas songer à Jules Verne et son oeuvre ? Il est, je trouve, impossible de dissocier l'écrivain de ses romans, tant ceux-ci sont inoubliables et façonnent dans un recoin de notre cerveau des histoires tout à la fois improbables et grandioses, merveilleuses et farfelues... Les mers autant que les airs, les mystères de l'inconnu terrestre autant que spatial fascinent l'imaginaire collectif en même temps qu'ils le troublent, et Jules Verne a su saisir l'essence même de cet engouement pour l'inacessible, l'insoluble, l'incompréhensible.

Peu d'ouvrages de l'auteur à mon actif jusqu'à maintenant, deux pour être exacte, mais l'attraction qu'exercent ses différentes intrigues relève, je trouve, autant d'un goût prononcé pour l'aventure que d'une curiosité scientifique à moitié satisfaite. Son écriture ciselée, analytique, schématique, possède également en elle une part indéniable de rocambolesque, de magie, et peut-être même, disons-le, de féerie moderne, contemplative... Jules Verne découpe et calcule chacun de ses romans de telle sorte qu'ils apparaissent comme une oeuvre à part entière qui se dévoile petit à petit, laissant tout son potentiel grandir au fil des pages pour créer chez le lecteur une sorte d'implosion émerveillée, telle la course majestueuse d'une étoile filante galopant à travers les cieux. Ainsi, le mental humain s'adapte, se contorsionne et tente de se fondre dans les innombrables détails qui affluent au cours de l'histoire. Ici, Jules Verne saupoudre d'astronomie, de physique, de chimie et d'autres paramètres plutôt retors les quelques deux cents cinquante pages de son roman lunaire.

Des chiffres écrits noir sur blanc en anciennes unités de mesure compliquent la tâche et font s'embourber le lecteur dans un marécage numérique auquel il lui est presque impossible d'échapper. Les réflexions mathématiques et autres pensées savantes émises par les personnages induisent une confusion quasi indescriptible : pour ma part, je me suis sentie refoulée, rejetée par cette intrigue dont le sens ne m'apparaissait pas toujours de façon claire. J'ai eu le sentiment d'être plus d'une fois étrangère à ce récit d'un autre temps, dont le style rédactionnel trouve toute sa beauté dans une redondance aussi passionnante qu'ennuyeuse. Perdue entre deux points de vue, je ne parvenais pas à me faire un avis qui semblait rendre hommage à cette épopée visionnaire, autant qu'il me permettait d'être pleinement objective. Jules Verne est ce romancier hors du commun, cet auteur mythique aux idées géniales, cet écrivain à la plume riche, vivante et qui crée des protagonistes aux personnalités fougueuses et indépendantes, aux noms mémorables traversant les âges... Jules Verne était un rêveur invétéré qui a écrit pour les rêveurs des siècles à venir, pour l'emmener au bout du monde, le faire voyager vers des contrées lointaines au coeur même de la Terre, lui permettre, à sa manière, de s'évader de son quotidien vers un ailleurs enchanteur plein de promesses.

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  • Entre Terre et Lune, quelle est la place de l'homme ?

Pas d'inquiétude, je ne vais pas me lancer ici dans un panégyrique philosophique (même si, entre nous, le thème de ce paragraphe m'inspire beaucoup) ! Malgré tout, comment, après avoir lu un tel roman et découvert un sujet aussi innovant qu'imposant, ne pas réfléchir à la question de la place de l'homme en ce monde ? Après tout, l'humanité, même si elle a les capacités et possède les outils nécessaires à la conquête de l'univers, peut-elle se permettre de franchir les limites de son habitat ? C'est, à mon sens, une interrogation essentielle pour comprendre au mieux les mécanismes de ce roman. Au XIXe siècle, Jules Verne imaginait déjà les voyages lunaires. Ici, pourtant, le raisonnement à adopter se scinde en deux parties distinctes : l'auteur a-t-il eu l'idée de mettre sur pied un tel concept pour laisser son imagination florissante vagabonder librement ? Ou bien s'est-il servi de cette thématique improbable pour mettre en lumière la décadence sociale et sociétale, le déchéance humaine, le progrès qui, au lieu d'être salutaire pour le bien commun, incite l'homme à devenir plus conquérant et expansionniste qu'il ne l'a jamais été au cours de l'Histoire ?

Jules Verne pensait-il réellement que ce projet, tel qu'il le décrit dans son roman, unirait toutes les nations du monde dans un effort historique et économique ? Ou alors, était-ce pour mieux décrire, de manière implicite, la déliquescence progressive des états et leurs rivalités mutuelles qui, au fil du temps, ne font que s'accroître ? La vision futuriste et originale de l'auteur n'était-elle pas en réalité une alerte silencieuse, manuscrite, sur la régression lente et destructrice qui, inévitablement, conduirait les hommes à leur perte ? Peut-on qualifier Jules Verne de génie fataliste ? Avait-il compris, comme tant d'autres penseurs, que tout, finalement, n'était qu'une question de temps...

C'est, en tout cas, ainsi que je perçois cette réflexion. Une société se construit et se définit progressivement, elle écrit son histoire et trace son propre chemin ; mais sa route ne peut-elle pas être brutalement amenée à dévier de sa trajectoire ? Tout autant qu'il a su capter les désirs inassouvis de l'homme, Jules Verne a, je pense, magistralement retranscrit les questionnements divers, les défauts indélébiles et intemporels, car malheureusement toujours actuels, qui avaient déjà cours à son époque.

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En résumé, De la Terre à la Lune est un roman que j'ai apprécié, même s'il ne m'a pas totalement convaincue ! C'est une histoire incroyable, savante mais passionnante, qu'une écriture tantôt palpitante, tantôt rigoureuse, conduit de manière assez aléatoire. Les chapitres se succèdent et nous offrent des passages aussi intrigants qu'indéchiffrables, mais le tout est d'une singulière originalité qui donne tout son charme au roman. Un voyage stellaire merveilleux et indémodable !

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Détails sur ce livre :

De la Terre à la Lune, publié aux éditions Le Livre de Poche

Auteur : Jules Verne

Nombre de pages : 255 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

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mardi 7 avril 2020

Contes du jour et de la nuit

contes-du-jour-et-de-la-nuit- Parricides, ivrognes, enfants pervers, maris aveugles, ravissantes idiotes, bourgeois lâches et mesquins, paysans cruels et cupides, vous ne trouverez dans ces contes, de jour comme de nuit, que bourreaux ou victimes. Mais s'ils sont tous à tuer, ils tuent aussi beaucoup, ou se pendent, ou se tirent à la rigueur un coup de revolver dans la bouche par peur de la mort... Maupassant serait-il le grand ancêtre méconnu du néo-polar ? -

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Mon avis :

Dis-moi quel conte tu lis, je te dirai qui l'a écrit... Une phrase qui résume à elle seul le style, reconnaissable entre tous, de Guy de Maupassant. Grand écrivain de son temps, je vous avais parlé ICI de Pierre et Jean, un court roman puissant et mené tambour battant, oscillant entre ombre et lumière, amour et haine, raison et folie pure. Cette fois-ci, intéressons-nous à ce que l'auteur, maître du genre, sait si bien livrer à son public lecteur ! Laissons-nous porter par les mots, voyageons au gré de contes aussi légers qu'inattendus, clairs comme le jour, sombres comme une nuit d'encre...

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  • Au détour d'une histoire

Recensant quelques vingt nouvelles, ce recueil hétéroclite accueille aussi bien le récit cocasse teinté de mystère, que le conte plus noir et torturé, où subsiste une part d'incertitude dérangeante. Maupassant excelle dans l'art d'écrire de courtes histoires tantôt caustiques, salaces ou fanfaronnes, tantôt macabres ou inquiétantes, le tout sur des thèmes aussi variés qu'improbables. Le lecteur se retrouve ainsi confronté aux soupçons, fondés ou non, d'un facteur à l'imagination débordante, à la cruelle et sournoise vengeance d'une mère dévastée par la mort de son fils, à la rencontre étonnante de deux amoureux perdus de vue depuis fort longtemps, au parricide sordide commis par un jeune menuisier incompris, ou bien encore à l'éxubérante suprématie d'un enfant casse-cou qui mènera son père à la mort...

Tant d'autres sujets sont traités dans ce petit ouvrage qui regorge d'histoires passionnantes. Pour ma part, je les ai beaucoup aimées, et aucune n'a véritablement ma préférence, car la diversité du recueil permet l'exaltation des sens et la découverte d'une oeuvre riche, complète, accessible à tous. Le contenu se veut réaliste, agréable, mais empreint d'une philosophie de vie touchante. Chaque nouvelle interpellera le lecteur à sa manière, car Maupassant parvient à instaurer une confiance, une chaleur humaine imperceptible entre ses personnages, aussi vils et déplaisants soient-ils, et son lectorat. Il crée un climat bienveillant qui réussit à dédramatiser les pires situations et à attendrir le coeur des hommes face au destin, souvent irascible, qui se joue des différents protagonistes. D'autant qu'avec ces petits récits, Maupassant se livre à la mise en scène, à la description tout à la fois émouvante et saugrenue des vies paysannes et bourgeoises normandes qui le fascinaient tant. Curieux, son recueil fait également la part belle à la Corse, une terre rocailleuse, ensoleillée, sèche et marine, un monde énigmatique aux accents toniques et rageurs de la vendetta !

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  • Quelques mots de plus...

Il est difficile de parler d'un livre aussi court, à peine plus de cent soixante pages (sans compter les annexes, bien sûr), mais j'ai envie de conclure cette chronique sur la beauté, le charme qui émane de cet ouvrage. Dix pages suffisent à Guy de Maupassant pour planter le décor, introduire ses personnages, apaiser et dérouter en même temps l'esprit de son lecteur... Quel talent ! Car si la plupart des histoires relèvent de la nouvelle à chute, certaines présentent une fin moins inattendue que ne le laisse entendre le reste du récit. L'auteur embrouille, l'auteur réinvente et s'approprie véritablement ces contes, s'attachant à les rendre tout aussi divertissants qu'enrichissants. Sur le plan de la réflexion, nombre d'histoires vont nous amener à nous remettre en question par rapport à des comportements, des attitudes que nous pouvons avoir, ou à voir avec un regard nouveau, plus limpide et critique, le monde qui nous entoure, la société dans laquelle nous évoluons et dont les auteurs des temps passés, tel Maupassant, analysaient déjà les anciens travers et autres codes rédhibitoires.

Ainsi, le lecteur est non seulement amené à passer un agréable moment de lecture, mais également à s'instruire de manière implicite. Une lecture comme celle-ci induit inévitablement une pensée, un enseignement intérieur inconscient. Les idées traversent les âges, restent actuelles pour la plupart et s'inscrivent dans un cadre littéraire aussi passionnant que dérangeant. Les règles sociétales sont mises à mal, observées dans toute la splendeur de leur carcan rigide, décortiquées, finement tournées en dérision, ostensiblement rejetées par la fiction d'une histoire, la beauté de son intrigue, la magnificence de ses protagonistes, la force de son écriture...

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En résumé, j'ai adoré lire les Contes du jour et de la nuit ! Petite lecture rapide et intelligente, elle saura vous charmer et vous transporter dans une réalité d'un autre temps, une époque sublimée, enluminée par la plume sensible et vibrante d'émotions de Guy de Maupassant. Des nouvelles jouant avec notre perception mentale, usant de stratagèmes dignes d'un roman à suspense ou d'un thriller haletant pour maintenir l'attention du lecteur et s'amuser de le voir se perdre en conjectures qu'une chute insoupçonnée, brillante, vient interrompre d'un simple claquement de doigts.

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Détails sur ce livre :

Contes du jour et de la nuit, publié aux éditions Le Livre de Poche

Collection : Les Classiques de Poche

Auteur : Guy de Maupassant

Nombre de pages : 192 pages

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Sue-Ricette

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mardi 17 mars 2020

La Faute de l'abbé Mouret

la-faute-de-l-abbé-mouret- Serge Mouret est le prêtre d'un pauvre village, quelque part sur les plateaux désolés et brûlés du Midi de la France. Barricadé dan sa petite église, muré dans les certitudes émerveillées de sa foi, assujetti avec ravissement au rituel de sa fonction et aux horaires maniaques que lui impose sa vieille servante, il vit plus en ermite qu'en prêtre. À la suite d'une maladie, suivie d'une amnésie, il découvre dans un grand parc, le Paradou, à la fois l'amour de la femme et la luxuriance du monde. Une seconde naissance, que suivra un nouvel exil loin du jardin d'Éden... -

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Mon avis :

Quel plaisir de retrouver la plume de Zola dans ce cinquième tome des Rougon-Macquart ! La découverte de cette merveilleuse fresque familiale, saga littéraire incroyable, est pour moi du bonheur à l'état pur, car je savoure la lecture de chaque volume qui passe entre mes mains. Me voilà à présent rendue au quart de la série, prête à faire le point sur ma récente lecture de La Faute de l'abbé Mouret...

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  • Une réécriture moderne et efficace

Il est des livres surprenants, des livres qui nous entraînent dans leur sillage, nous prennent par la main et nous tirent vers l'inconnu. Sans savoir ce qui nous attend, nous pénétrons dans un univers qui, bien qu'ancré dans une réalité historique, nous apparaît de manière tout à fait irréelle, immatérielle, comme si le temps n'avait aucune emprise sur l'intrigue et ses personnages... Simple imagination ou talent de l'auteur ? Personne ne peut savoir et affirmer avec certitude qu'il s'agit de l'un ou l'autre. Pour ma part, je pense que ce roman relève d'un habile mélange de ces deux points de vue et réunit toutes les conditions nécessaires pour en faire un énorme coup de coeur, tout comme les quatre précédents volumes !

Tout d'abord, confrontons-nous au point majeur de cette histoire : réécriture façonnée, imagée mais profonde de la Genèse biblique, La Faute de l'abbé Mouret est un récit d'une intensité tout à la fois merveilleuse et inquiétante. Émile Zola, puisant dans les ressources et les racines de l'humanité, insuffle l'énergie et la puissance qui font de cette histoire un ouvrage au charme angoissant. Situé entre ombre et lumière, oscillant entre Bien et Mal, hésitant entre la vie et la mort... Un poison lascif qui se distille progressivement dans les veines de nos personnages, répandant en eux une toxine aux effets destructeurs, au pouvoir capable de briser un esprit et de diviser les coeurs.

Faisant fi des principes de son époque, Émile Zola conçoit son intrigue sur la tentation, l'envie, le désir, les pulsions irrépressibles qui trahissent l'abstinence choisie par Serge Mouret. L'abbé, pourtant si reclus dans sa foi, si convaincu de son amour pour Dieu, ne se laisserait-il pas aller à une dévotion suprême envers la Vierge Marie ? Fébrile, à la limite d'un amour interdit, l'ecclésiastique fuit la vie réelle baignée de la lumière chaleureuse du soleil, parfumée de l'odeur de la terre, bruyante des cris d'animaux, résonnant de la joie innocente et des rires cristallins des jeunes filles du village... Délaissant une réalité démystifiante à ses yeux, l'abbé Mouret préfère se réfugier dans le sein réconfortant, dans la virginité inaccessible et pure de Marie, la Sainte Vierge qui lui offre la douceur et l'amour simple d'une femme sans commettre l'infâme péché de chair. Mais à force de croyances maladives, d'incessantes litanies et d'interminables prières, à force d'offrande de son corps, de son coeur et même de son âme tout entière à la seule détentrice de sa foi, l'isolement psychologique du jeune Serge pourrait bien, tôt ou tard, causer sa chute et provoquer sa descente aux enfers.

Ainsi, l'on se trouve face à une intrigue incisive et percutante, sombre, menée tambour battant, mais qui se veut également visuelle, auditive et odorante, respirant les mille et une fragrances composant les allées, les jardins, les chemins et les parcs aux senteurs diverses, d'un massif de fleurs au parfum capiteux jusqu'à l'arbre verdoyant dégoulinant de résine mielleuse, en passant par les herbes folles dont se dégage une fraîcheur incomparable. Le clapotis rassurant d'un ruisseau tout près apaise l'oreille, la vue de la nature sauvage, paradisiaque, idyllique, propice à laisser naître les amours, enchante l'esprit fougueux, vivant d'une jeunesse nouvelle de la blanche Albine et de l'impétueux Serge, tandis que chantent les oiseaux nichés au creux des troncs moussus et que résonnent les grésillements étranges et autres stridulations des insectes cachés ici et là.

Définitivement, Zola sait comment emballer, comment emporter son lecteur, comment lui permettre de s'évader sans pour autant voyager dans des mondes inconnus peuplés de créatures imaginaires. L'humain seul, terrifiant parfois, suffit à étonner son public, à amener la réflexion nécessaire vis-à-vis de ses propres convictions, à induire ce doute dérangeant qui perturbe et laisse l'esprit critique faire son oeuvre. Ce roman est loin de m'avoir laissée indifférente, et sa lecture n'en fut que plus magique, tragique aussi, car le récit, s'il est dépaysant, offre une palette d'émotions, une nuance de sentiments allant de l'exaltation profonde à la confusion la plus totale, en passant par le chagrin désespéré, torturé, déchaîné par une foule d'idées contradictoires.

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  • Un classique après l'autre...

Lu dans le cadre du Classic Year Challenge dont je vous ai parlé juste ICI, La Faute de l'abbé Mouret m'a impressionnée, car Zola met toute sa force d'écriture et tout son talent d'auteur au service d'un roman riche de détails, foisonnant de couleurs, criant d'une vérité déchirante de réalisme. Il est, je pense, impossible de rester insensible face à une telle histoire, et ce, malgré les longueurs, les passages à rallonge sur lesquels l'on pourrait pinailler. Tout comme avec les quatre premiers tomes des Rougon-Macquart, Zola frappe fort et, surtout, frappe juste. Il n'est pas dans le déni littéraire de ce qu'il raconte, pas plus qu'il n'exagère la mise en scène de son récit. Les personnages d'Albine et Serge, aussi complémentaires que contraires, s'imbriquent parfaitement dans le contexte luxuriant de cet Éden aux barreaux dorés : prisonniers d'un amour impossible, tous deux dévastés par cette relation inaboutie, ils sont, pour l'une, les pantins d'une société dont ils doivent suivre aveuglément les règles et, pour l'autre, les jouets désoeuvrés d'une génétique familiale servile.

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En résumé, La Faute de l'abbé Mouret est un énorme coup de coeur pour moi ! Encore une fois, j'insiste sur l'intensité voluptueuse qui se dégage de l'intrigue et qui lui confère sa beauté vénéneuse. Même la plus belle des fleurs peut renfermer le plus mortel des poisons... Ce roman, aussi grandiose et extraordinaire soit-il, cache au fil des pages des épines redoutables dans l'ombre desquelles se tapit la fièvre florissante que seul Émile Zola sait donner à ses livres.

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Détails sur ce livre :

La Faute de l'abbé Mouret, publié aux éditions Le Livre de Poche

Auteur : Émile Zola

Nombre de pages : 510 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

coup de coeur

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lundi 24 février 2020

Classic Year Challenge 2020

giphy

Câlins + bisous + GIF de chat (trop mignon) = la recette du bonheur ♥

 

Bonjour à toutes et à tous,

Parce que c'est parfois compliqué de trouver une introduction originale pour débuter un article, aujourd'hui je vais faire simple et vous donne sans plus tarder la couleur (ou plutôt le thème) de ce billet matinal. En flânant sur les blogs des copinautes, j'ai découvert chez mon amie Gaëlle, créatrice de Pause Earl Grey, le Classic Year Challenge. Il s'agit d'un défi lecture basé, comme son nom l'indique, sur les classiques de la littérature. Le but étant de lire un livre par mois (soit douze sur un an) sans contrainte, pour le seul plaisir de découvrir les chefs-d'oeuvre incontournables qui traînent sur nos étagères, dans nos PAL et qui nous sont parfois totalement inconnus... La seule règle à respecter pour valider sa participation est de lire soit des ouvrages considérés comme des classiques, soit des livres datant d'avant la seconde moitié du XXe siècle.

Étant donné que je prends le CYC en cours de route avec un mois de décalage, je lirai en tout onze classiques cette année. Pour ma part, je trouve cette idée vraiment géniale ! C'est motivant, inspirant et ça permet aux classiques de revenir sur le devant de la scène littéraire. Du coup, je vous propose de découvrir les livres qui m'accompagneront durant le reste de l'année...

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Février

La Faute de l'abbé Mouret, Émile Zola

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Mars

Contes du jour et de la nuit, Guy de Maupassant

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Avril

De la Terre à la Lune, Jules Verne

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Mai

Son Excellence Eugène Rougon, Émile Zola

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Juin

Robinson Crusoé, Daniel Defoe

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Juillet

La peau de chagrin, Honoré de Balzac

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Août

Traité sur la tolérance, Voltaire

traité-sur-la-tolérance

 

Septembre

Orgueil et préjugés, Jane Austen

orgueil-et-préjugés

 

Octobre

Jane Eyre, Charlotte Brontë

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Novembre

L'Assommoir, Émile Zola

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Décembre

Les Misérables, Victor Hugo

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Une année bien remplie en perspective, au cours de laquelle je ferai sans aucun doute de très belles découvertes. Il ne faut pas non plus oublier que ces classiques ne seront pas les seuls ouvrages qui composeront ces onze mois de lecture, d'autres livres viendront s'ajouter au fur et à mesure. En tous les cas, merci à Gaëlle pour cette chouette initiative du Classic Year Challenge ! Si vous souhaitez participer, n'hésitez pas à consulter l'article consacré au challenge et publié sur Pause Earl Grey, en cliquant ICI.

Je vous dis à bientôt pour un prochain article.

Sue-Ricette

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Bye tout le monde !

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lundi 3 février 2020

Le septième Templier

le-septième-templier- 1307. Le roi Philippe le Bel et le pape Clément V ordonnent l'anéantissement total de l'Ordre du Temple. Mais dans l'ombre des commanderies, sept templiers vont organiser sa survivance par-delà les siècles. De nos jours, le commissaire franc-maçon Antoine Marcas reçoit l'appel désespéré d'un mystérieux frère, sur le point d'être assassiné, qui lui transmet la piste d'un secret fabuleux : le trésor des templiers. Au même moment, à Saint-Pierre de Rome, le pape s'apprête à bénir la foule quand il est abattu par un tireur d'élite... -

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Mon avis :

Les lectures décevantes, ça existe. Mais finalement, ces découvertes qui ne nous enchantent pas autant que nous l'aurions souhaité nous permettent ensuite de rebondir et d'aller vers de nouvelles aventures livresques trépidantes ! Et c'est ainsi que je décrirais mon premier flop de cette année 2020, car grâce à ce roman, je sais désormais avec certitude que le thriller, qu'il soit historique ou pas, n'est clairement pas ma tasse de thé... Et dans la vie d'un lecteur, nombreux sont les ouvrages qui se succèdent entre ses mains et remplissent son esprit d'émerveillement ou au contraire d'ennui total.

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  • Et du secret, nul ne devra rien savoir...

Pour commencer, je ne suis absolument pas familière avec l'oeuvre d'Éric Giacometti et Jacques Ravenne. Si j'ai inclus ce livre dans ma PAL du Cold Winter Challenge, c'est pour le côté polar, roman policier, enquête mystérieuse sur fond historique et franc-maçonnique que le résumé m'avait laissé miroiter. Désillusion ! La chute de mes attentes vis-à-vis de cet ouvrage fut longue et lente, jusqu'à percuter de plein fouet le sol dur de la déception.

Dès le début, les deux auteurs m'ont confrontée à un flot d'informations et d'anecdotes se rapportant aux précédents volumes de cette série de livres, une quantité trop importante de détails qui ont nui à l'intérêt que je portais à l'intrigue. En effet, je me suis lancée dans cette lecture sans rien connaître des personnages, de leur caractère et des aventures qui ont fait leur succès. Piqûre de rappel pour certains, tout ceci m'a embrouillée malgré les notes, succinctes, en bas de page. Il m'a été difficile de rentrer pleinement dans le coeur du roman, car le passé des protagonistes les rattrape à chaque instant, sans pour autant que je parvienne à démystifier et décoder leur personnalité.

Antoine Marcas, le personnage principal, m'a insupporté plus d'une fois, je l'ai trouvé léger et assez peu préoccupé par les enjeux qui découlent de cette enquête. Il m'a semblé creux et je n'ai pas trouvé la centralité qu'on lui donne si intéressante et justifiée que cela. Je le pense davantage spectateur qu'acteur de cette affaire, son rôle est plutôt mineur pour moi, il ne dégage pas une réelle importance. Le fait qu'il soit franc-maçon n'arrange pas son cas, car les rituels, titres, règles et autres cérémonies de ce style qui jalonnent l'histoire sont d'une complexité, à mon sens, affolante pour les non initiés que nous sommes à ces pratiques ! J'ai été en quelque sorte dégoûtée de cette "philosophie de vie", car au fil des pages, les deux auteurs renforcent l'idée d'un art de vivre cadencé par des rites de passages, des initiations... Si j'étais à la base curieuse d'en savoir davantage à ce sujet, mon intérêt s'est vite estompé et les annexes placées en fin de livre me sont restées inconnues, car je ne souhaitais pas m'embourber plus que je ne l'étais déjà.

Dommage, en somme, car cette thématique historico-franc-maçonne mérite une attention un peu particulière de notre part, car les templiers revêtent cette part de mystère qui nous échappe, et le mythe qui les entoure aurait pu être travaillé, je pense, de façon plus énigmatique et prenante, sans y mêler des détails foisonnants parfois incompréhensibles des néophytes. Le secret du trésor caché est fabuleux, la fin laisse en bouche un petit goût de satisfaction émerveillée, mais la majeure partie de l'histoire court de droite et de gauche sans véritablement embarquer le lecteur à ses côtés. Du moins, ce fut le cas pour moi, car le potentiel de ce roman se tapit au coeur même des pages, mais l'accessibilité de sa lecture à un public large se voit réduit par le contexte de l'intrigue primaire, à laquelle se mêlent des histoires secondaires du domaine politique, financier et religieux.

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  • ... Car l'histoire qui s'écrit demeurera à jamais !

Malgré les points négatifs évoqués juste avant, Le septième Templier compte aussi quelques aspects positifs. Je pourrais notamment vous parler de la découpe des chapitres, qui crée un voyage spatio-temporel entre 1307 et notre époque actuelle, mais également de Paris au Vatican, et ce, sans bouger de notre fauteuil ! De ce point de vue-là, l'immersion au coeur de l'histoire est totale, et donne une narration passionnante d'un siècle à l'autre. Le côté épique et chevaleresque des templiers ressort sans problème, ce qui contribue à entretenir l'aura fantomatique qui les enveloppe. la légende, tant de fois remaniée à travers les âges et les récits, se forge ici dans un nouvel acier et plonge au plus profond des racines médiévales.

Éric Giacometti et Jacques Ravenne conduisent l'intrigue de manière solennelle, telle une cérémonie symbolique menée dans le plus grand respect d'une tradition ancestrale. La franc-maçonnerie, bien que complexe à appréhender, s'avère être fort singulière et parfaite pour troubler tant l'esprit des personnages que celui des lecteurs. Et finalement, ce point relève plus de la demi-teinte que de la négativité pure et simple. Avec ce livre, on se retrouve plongé dans un monde inconnu, bercé entre Histoire des temps anciens et réalité moderne du XXIe siècle. De plus, je ne peux pas nier que la chute imaginée par les deux auteurs s'imbriquait parfaitement au reste du récit, car démasquer le véritable coupable de cette affaire relève presque de l'impossible et comprendre ses motivations est quelque peu intriguant.

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En résumé, Le septième Templier est une lecture qui marquera ma vie de lectrice à sa manière ! Un moment confus, laborieux, ennuyeux par moments, mais une intrigue passionnante placée sous le signe de l'Histoire, celle avec un grand H. Un voile de mystère entoure le secret de l'Ordre du Temple, un secret qui traverse les siècles et fascine plus d'une personne en ce bas monde, un secret silencieux qui vivra à jamais dans l'imaginaire collectif, noirci par les taches d'encre d'auteurs à l'esprit fertile...

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Détails sur ce livre :

Le septième Templier, publié aux éditions Pocket

Auteurs : Éric Giacometti et Jacques Ravenne

Nombre de pages : 568 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

Cold Winter Challenge 2019

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samedi 11 janvier 2020

Bilbo le Hobbit

bilbo-le-hobbit- Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n'aime pas être dérangé quand il est à table. Mais un jour, sa tranquillité est troublée par la venue d'un magicien nommé Gandalf, et de treize nains barbus qui n'ont qu'une idée en tête : récupérer le trésor de leurs ancêtres, volé par Smaug le dragon sur la Montagne Solitaire. Suite à un malentendu, Bilbo se retrouve malgré lui entraîné dans cette périlleuse expédition... -

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Mon avis :

Il est des livres qui, dès les premières pages, nous emportent irrémédiablement dans le flot tumultueux de leurs aventures, des ouvrages qui se dévorent dans les jours, voire même, parfois, dans les heures qui suivent. D'autres, pourtant, se révèlent être des histoires surprenantes et passionnantes, au gré desquelles notre esprit vagabonde et se perd au fil des chapitres... Ici, il n'est alors plus question de découvrir le fin mot d'un roman, mais plutôt de savourer son intrigue, d'apprendre, observer et écouter.

Qu'ils soient des coups de foudre irrépressibles ou un voyage inattendu au pays de l'imaginaire, ces livres nous transportent au bout du monde, plus loin que tout ce que nous avons pu rêver jusqu'alors ! Un univers fabuleux et magique, lumineux et paisible, une porte ouverte vers d'incroyables aventures dont même Bilbo Baggins, le jeune hobbit héros de cette histoire, ne se doutait point...

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  • En route vers l'inconnu !

Fable légendaire, conte moderne... Je reviendrai un peu plus tard sur ces points, car avant de pénétrer au coeur même de cette histoire, je souhaite vous parler plus en détail de tout ce qui fait la magie et la beauté de ce roman. Une intrigue fantasy ? Oui, mais ! car il y a un mais, un schéma fantaisiste qui semble pourtant si réel. Bien sûr, elfes, gobelins, loups gigantesques, insectes géants, sorciers et métamorphes, mais aussi d'autres créatures issues du plus profond de notre imagination peuplent et rythment le voyage de Bilbo Baggins et de la troupe de nains qui l'a enrôlé - quoique ce terme me paraît inapproprié, au vu du kidnapping forcé auquel fut confronté le jeune hobbit - pour cette expédition des plus trépidantes et, surtout, des plus périlleuses...

Pourtant, de cette longue marche vers la Montagne Solitaire où réside Smaug le terrible, chacun des membres de cette compagnie ressortira grandi, confiant en l'avenir, serein et plein d'enthousiasme. Qu'ils soient futés, rusés, débrouillards, combatifs, bons vivants, sages ou prudents, les joyeux drilles qui composent cette communauté soudée nous rappellent nos propres traits de caractère, notre personnalité plus ou moins revêche, les émotions contradictoires qui nous traversent l'esprit... Treize nains farouchement déterminés à reconquérir leur trésor, voilà qui a de quoi motiver ce cher Bilbo ! Mais c'était sans compter sur l'ambiguité de ses sentiments, la douceur et la chaleur de son foyer, le confort de son trou de hobbit. Pourtant, ce n'est nulle autre qu'une soif profonde de découverte, une infime part de lui-même qui l'incite à se joindre au petit groupe de voyageurs sans qu'il comprenne véritablement cette envie soudaine de partir pour des contrées lointaines, peut-être même hostiles.

Une marche rythmée par les chants de ses compagnons de route, les haltes au clair de lune, les feux de bois réconfortants, les maigres provisions à se partager, les ronds de fumée dessinés à la pipe par Gandalf, ce vieux magicien aux paroles énigmatiques, à l'allure tout aussi étrange, et à la présence cependant si rassurante. Avec ce livre, Tolkien nous invite à plonger au coeur d'une histoire envoûtante, féerique, intemporelle, drôle, pleine d'ardeur et de fougue, mystérieuse, inquiétante par moments, mais toujours portée par la puissance et la beauté des mots soigneusement choisis par l'auteur. Une envolée de termes originaux, piquants de curiosité, truculents parfois, mais accessibles à tous et riches de belles valeurs, telles que l'entraide, la fraternité, l'humilité, l'altruisme...

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  • Où la réalité côtoie la fiction

L'imaginaire, un refuge, un rempart à toutes les injustices, toutes les inégalités qui demeurent en ce monde. Une échappée vers des univers hors du temps, des mondes nourris pas notre soif d'évasion, colorés au gré de nos envies, créés dans nos songes d'une nuit ou d'un matin pluvieux. Si Bilbo le Hobbit se veut une lecture abordable à tout âge, c'est un ouvrage qui revêt bien des interprétations. La vie nous réserve quantité de surprises, bonnes ou mauvaises, mais c'est avec philosophie, ainsi qu'un certain détachement parfois, qu'il faut accepter tout ce qui survient au quotidien.

Bilbo ne s'attendait sans doute pas à être embarqué plus ou moins de force dans cette aventure qu'il n'est pas prêt d'oublier, mais de ces mille et une péripéties, un hobbit plus sage et réfléchi, plus fort et courageux est né. De sa rencontre inopinée avec les nains et Gandalf, le jeune Baggins retirera bien plus que des jours calmes passés au coin du feu, à tirer sur sa pipe. C'est une leçon de vie qui paraît assez évidente, mais qui est pourtant si méconnue ! Je dirais que l'on peut transposer cette problématique à notre monde, que tout ce qui nous arrive n'est pas là par hasard.

La vie est une succession d'épreuves et d'obstacles, d'embûches et problèmes divers dispersés aux quatre coins de ce parcours par moments houleux. Et finalement, la vie est à elle seule la plus belle des leçons qui soit, car chaque jour qui se lève est une nouvelle aventure qui se dessine, une porte ouverte, telle la couverture de ce livre, vers l'inconnu, une frontière invisible entre notre passé et notre futur, tous deux liés au présent qui se joue ici et maintenant.

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En résumé, Bilbo le Hobbit est un coup de coeur pour moi ! J'ai tout aimé dans ce court ouvrage de quelques 400 pages, de la plume légère et chantante de Tolkien merveilleusement retranscrite par la traduction de Francis Ledoux, aux personnages farfelus, profonds et bien construits, en passant par l'intrigue pleine de rebondissements et menée tambour battant du début à la fin. Un livre que je ne saurais trop conseiller aux amateurs de fantasy, comme à tout mordu de lecture qui se respecte !

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Détails sur ce livre :

Bilbo le Hobbit, publié aux éditions Le Livre de Poche

Auteur : J. R. R. Tolkien

Nombre de pages : 380 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

coup de coeur

Cold Winter Challenge 2019

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vendredi 20 décembre 2019

La dissonante mélodie des souvenirs

la-dissonante-melodie-des-souvenirs- Paris, le 24 Décembre. Aurélien, golden boy à la Défense, rate son train qui devait l’amener fêter Noël avec ses proches. C’est alors que dans le hall de la gare de Lyon résonne une mélodie, un morceau qu’il sait avoir déjà entendu. Qui est cette mystérieuse femme qui joue ?

En acceptant de l’accompagner le temps d’un morceau, Aurélien est loin de se douter que cette rencontre va changer sa vie...

Une courte histoire de Noël profonde et pleine d'espoir, une petite pépite à déguster sous un plaid au coin du feu ! -

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Mon avis :

Je tiens à remercier Mélanie Taquet, l'auteure de cette nouvelle, de m'avoir accordé sa confiance pour la lecture et la critique de son livre.

Six ouvrages sélectionnés pour le Cold Winter Challenge, première lecture validée ! Lue en quelques heures à peine, La dissonante mélodie des souvenirs m'a transportée dans un univers hors du temps, un monde à part, une bulle littéraire assez particulière où résonne encore le son de cette mélodie du passé...

À l'approche imminente des fêtes, un court récit d'une soixantaine de pages environ peut-il chambouler notre vision des choses ? Et si le coeur des hommes, des femmes et de tout un chacun sur cette Terre cachait au plus profond de lui une mélopée, un air bienveillant chargé d'histoire, porteur d'amour et de promesses pour un avenir heureux...

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  • Un court récit de Noël

Parce que la fin d'année est la période idéale pour se plonger dans des histoires douces et enchanteresses où l'amour occupe une place de choix, il est aussi bon, parfois, de se rappeler que la magie des fêtes est en quelque sorte le piment de la réalité, le sel du quotidien, le soupçon d'inattendu qui rend ces moments inoubliables ! S'évader au travers de films ou de livres romantiques, cosy, cocoon à souhait est bien sûr une forme de réconfort que je ne saurais trop vous recommander pour affronter les frimas hivernaux, mais à mon sens, la plus belle preuve d'amour que l'on puisse offrir autour de nous, c'est de penser à toutes ces personnes pour qui Noël ou le jour de l'An ne signifient pas ou plus grand-chose : les personnes âgées, les sans-abris, les orphelins, les animaux abandonnés...

Mettre les petits plats dans les grands pour célébrer Noël, inviter une foule de gens sans grande conviction de passer un bon moment à leurs côtés, animer la soirée d'une musique assourdissante et faire couler les boissons dans les verres... Au final, tout cela nous rend-il plus heureux ? Pas nécessairement. Mais nous qui possédons tout ce dont l'on peut rêver, pourquoi le bonheur déserte-t-il notre coeur quand d'autres, plus démunis et nécessiteux que nous, semblent accepter sans aucune animosité, sans aucune rancune l'injustice qui les a jetés au dehors et menés vers le désespoir des froides ruelles dans lesquelles ils vivent...

Alors que la joie devrait faire danser notre âme et illuminer notre coeur, Mélanie Taquet nous invite à pénétrer dans cette histoire empreinte d'un réalisme très touchant. Sa plume fine et observatrice nous emmène dans une gare où règnent le stress, l'angoisse, les problèmes de tous ordres et autres inquiétudes desquelles émanent une multitude d'émotions négatives. Seul dans un coin, un piano fait face à la foule pressée et accueille une sans-abri pour qui la musique est un exutoire quasi quotidien. Les notes rondement alignées sur les touches composent une douce mélodie que Aurélien, le héros de l'histoire, semble étrangement connaître...

Donner de son temps, être attentif au monde qui nous entoure, offrir un sourire, quelques mots gentils, un repas chaud, un peu de compagnie... Tel est le message que l'auteure cherche à véhiculer auprès de ses lecteurs. Passé, présent et avenir sont intimement liés, et renier l'un reviendrait à condamner les deux autres sans aucune compréhension. Les souvenirs de notre enfance, les moments heureux comme malheureux façonnent irrémédiablement la personne que nous sommes aujourd'hui et celle que nous deviendrons demain. Avec cette nouvelle, Mélanie Taquet souhaite toucher l'être humain qui sommeille en chacun de nous et réveille ainsi la générosité et l'altruisme qui dormaient, blottis au creux de notre âme.

Une citation de Matthieu Ricard me vient à l'esprit, je trouve qu'elle retranscrit avec beaucoup de justesse le coeur même de cette très jolie histoire.

"Se changer soi-même pour mieux changer le monde, c'est se libérer des toxines mentales que sont la haine, l'avidité, la jalousie, l'orgueil et l'esprit de vengeance qui empoisonnent notre existence et celle des autres."

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  • La découverte d'une auteure

Premier livre de Mélanie Taquet dans lequel je me plonge, et je dois dire que La dissonante mélodie des souvenirs fut une agréable découverte ! J'ai fait connaissance avec le style d'écriture riche en émotions de cette jeune auteure, une plume tout à la fois douce et incisive qui, le temps de quelques soixante pages environ, embellit et saupoudre de l'esprit de Noël cette intrigue abordant avec tact et finesse des thématiques sociétales actuelles. Les personnages sont cohérents et apportent cette touche de réalisme onirique à l'histoire, rendant ainsi le récit profondément humain et faisant de cette mélodie du passé un pont vers un avenir meilleur.

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En résumé, La dissonante mélodie des souvenirs est une lecture idéale en cette période de l'année ! Découverte d'une réalité silencieuse et invisible, prise de conscience sur un bonheur que l'on croyait pourtant inaccessible, c'est un ouvrage à partager autour de soi, un livre qui met du baume au coeur et réchauffe les âmes esseulées. Pour Noël, laissez-vous tenter par cette petite lecture incroyablement belle et forte, l'histoire d'une rencontre magique et inattendue un soir de décembre...

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Détails sur ce livre :

La dissonante mélodie des souvenirs, publié aux éditions Librinova

Auteur : Mélanie Taquet

Nombre de pages : 80 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

Cold Winter Challenge 2019

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jeudi 19 décembre 2019

Rebecca Kean - Tome 1

rebecca-kean-1- Nouvelle Angleterre, Burlington. Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des États-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu'il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n'est pas le genre de renseignements fournis par l'office de tourisme. Maudit soit-il... -

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Mon avis :

Une histoire de sorcière en plein mois de décembre ? Eh bien oui, chers lecteurs ! Je n'ai pas eu l'occasion de vous en parler avant, c'est la raison pour laquelle je viens vous donner mon avis aujourd'hui sur le premier tome de la saga Rebecca Kean, écrite par Cassandra O'Donnell.

Cette série de livres me tentait depuis un moment, et les nombreux retours positifs vus ici et là sur l'Internet ont fini de me convaincre, voilà quelques années maintenant, d'acquérir le début de cette aventure détonante. Lu cet automne, ce premier volume, s'il n'est pas un coup de coeur, s'est révélé être malgré tout une bonne lecture qui aura su m'embarquer dans son univers magique et mystérieux.

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  • Méfiez-vous de l'ensorceleuse aux cheveux écarlates...

Condamnée à mort par son clan, l'impétueuse Rebecca Kean, accompagnée de sa fille Leonora, fuit et parcourt le monde en quête de sécurité, de sérénité et d'une nouvelle existence sans accroc, dans la discrétion la plus totale, loin de la violence de sa tribu. En arrivant à Burlington, de nouvelles possibilités s'offrent à la jeune sorcière, une marche vers l'inconnu lui tend les bras et la disparition brutale d'un loup-garou dans cette bourgade aspirant pourtant à l'anonymat le plus complet l'entraîne bien malgré elle dans une aventure aussi inattendue que périlleuse...

Ce tome 1 m'a souvent été chaudement recommandé, tant pour l'aspect fantastique, le côté surnaturel de l'histoire, que pour ses personnages hauts en couleur et son intrigue captivante, digne d'un habile mélange entre Charmed et Buffy contre les vampires ! On retrouve dans ce premier opus tous les ingrédients d'une bonne série bit-lit, un univers dans lequel se côtoient dans le plus grand secret humains et créatures de la nuit, où les rivalités entre clans remontent à des temps immémoriaux, où le mystère enveloppe d'un épais voile brumeux le moindre évènement un tant soit peu étrange... C'est dans cette atmosphère peu ordinaire que Rebecca Kean fait son entrée, donnant un ton décapant à la narration de Cassandra O'Donnell. L'intrigue est piquante, savoureuse, acide et douce, pétillante et pleine de rebondissements.

Jouant plus d'une fois avec nos doutes, l'auteure se plaît à entrecouper l'enquête menée par la sorcière à la chevelure écarlate par des moments plus romantiques, parfois même passionnés sans que l'on puisse toutefois les qualifier d'érotiques. Presque pas de sexe ici, mais au contraire des sentiments naissants qui mettent les personnages face à leurs propres peurs de l'amour... Sous son apparente véhémence, Rebecca est en réalité une jeune femme pleine d'incertitudes, blessée par la vie, une solitaire repliée sur elle-même, une coquille vide désertée par l'amour, le vrai. Raphael, quant à lui, a traversé nombre d'épreuves au cours de sa longue existence ; son statut de vampire, ainsi que son grand âge, lui confèrent l'autorité et le pouvoir sur la communauté dont il a la charge, mais est-il vraiment heureux et épanoui dans cette vie qui, pour lui, n'est plus qu'une interminable succession de jours et de nuits sans saveur ?

Cassandra O'Donnell a su donner profondeur et richesse à ses personnages. Elle les a imaginés comme des êtres à part entière, des hommes et des femmes qui, sous le nom de "sorcière", "vampire" ou autres, sont bien plus humains que n'importe qui d'autre. L'auteure pose, je trouve, une question essentielle et très intéressante sur les sentiments profonds qui animent chacun(e) de nous : les différences qui nous séparent ne sont-elles pas destinées à nous rapprocher ? Nous n'avons pas nécessairement besoin de transposer cette problématique dans un monde imaginaire peuplé de créatures fantastiques pour répondre à cette interrogation, car c'est en nous, dans notre réalité, qu'il faut réussir à trouver les réponses.

Ce premier tome introduit ainsi de manière très subtile un sujet important, celui de la tolérance, du respect et de l'ouverture d'esprit. Sous couvert d'une intrigue explosive et riche en action, l'on découvre nos propres travers, nos réactions face à l'inconnu, face à des situations qui nous semblent complètement insolubles et dont la clé, pourtant, se trouve sous nos yeux. Qu'importe le jugement des autres, les regards désapprobateurs, l'incompréhension qui résulte des choix que nous faisons ! La vie est précieuse et trop courte pour la passer à satisfaire des attentes qui ne sont pas les nôtres, alors exit les codes de la "normalité", le qu'en-dira-t-on et les faux-semblants déprimants. Chacun(e) de nous est unique et nous sommes les seul(e)s à pouvoir façonner notre existence, à la modeler selon nos envies, nos souhaits et à construire dès aujourd'hui les lendemains de nos rêves.

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  • Une suite de saga prometteuse

Si ce premier tome ne m'a pas entièrement convaincue, notamment à cause du style d'écriture de Cassandra O'Donnell, que je trouve parfois un peu relâché, l'intrigue m'a cependant beaucoup plu et m'a donné envie de découvrir le deuxième opus de cette saga, qui compte pour le moment six volumes. Une aventure truculente, étonnante, originale et pertinente, un condensé d'émotions, des personnages attachants et bien construits, un univers riche et détaillé, une histoire qui n'a pas fini de nous surprendre... Bref, à suivre !

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En résumé, Rebecca Kean est une très bonne découverte ! Une immersion réussie dans un monde étrange et inquiétant, un scénario envoûtant porté par la plume mordante et audacieuse de son auteure, une suite de péripéties rocambolesques rondement menées, un mystère qui s'épaissit de plus en plus à mesure que disparaissent les brumes du passé, souvenirs d'une vie lointaine et énigmatique... Un conseil ? Lisez ce premier tome sans tarder !

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Détails sur ce livre :

Rebecca Kean - Tome 1, publié aux éditions J'ai Lu

Auteur : Cassandra O'Donnell

Nombre de pages : 474 pages

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Sue-Ricette

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mardi 12 novembre 2019

Harry Potter - Tome 2

harry-potter-2- Une rentrée fracassante en voiture volante, une étrange malédiction qui s'abat sur les élèves, cette deuxième année à l'école des sorciers ne s'annonce pas de tout repos ! Entre les cours de potion magique, les matchs de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets ? Un livre magique pour sorciers confirmés. -

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Mon avis :

Après un mois d'octobre assez catastrophique niveau lectures, je rattrape doucement mais sûrement les déceptions, abandons et autres moments littéraires plutôt désagréables, en faisant la part belle aux livres de ma PAL automnale (juste ICI). Dernière lecture en date : Harry Potter et la Chambre des Secrets.

L'année passée, je m'émerveillais avec le premier tome des aventures du jeune sorcier, et en 2019, je poursuis ma découverte des mille et un secrets qui entourent son personnage avec le tome 2. Sans plus tarder, voici mon avis coup de ♥ sur ce deuxième opus, signé J. K. Rowling.

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  • Le grand retour de Harry Potter

Je crois qu'il est inutile de présenter le plus célèbre sorcier à lunettes de l'histoire de la magie, celui qui a survécu à Vous-Savez-Qui lorsque celui-ci semait la terreur. Harry Potter entame dans ce second volume une nouvelle année d'études au collège Poudlard. Cette rentrée s'annonce pour le moins étrange, riche en émotions, mystérieuse et, comme le dit si bien le résumé, fracassante ! Pas facile d'échapper à une famille de Moldus revêche et ingrate, ou encore d'arriver à temps à Poudlard sans être la malheureuse victime d'un saule cogneur particulièrement agressif... D'autant que d'étranges agressions hantent les couloirs de l'école, sans que personne ne parvienne à trouver le coupable.

Après une première année mouvementée, Harry Potter se retrouve à nouveau au coeur même de l'intrigue, soupçonné d'être à l'origine de ces actes abominables commis au sein du collège. Héros malgré lui, courageux et loyal, peut-être un peu capricieux et entêté sur les bords, le jeune sorcier à lunettes n'a pas fini de nous étonner et de nous faire vivre de palpitantes aventures. Plus volumineux que le tome 1, ce deuxième livre nous plonge dans une quête périlleuse ponctuée d'énigmes et de défis à la hauteur de l'inséparable trio que forment Harry, Ron et Hermione ! L'intrigue est plus recherchée et se concentre davantage sur la menace représentée par Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Les actes et réflexions des différents protagonistes sont plus nuancés, plus matures aussi, bien qu'encore imprégnés par cette part de magie, cette enfance qui n'est pas tout à fait terminée, mais qui tend peu à peu à s'éloigner...

La mythologie est également plus étoffée et on en apprend davantage sur le monde magique, sur les croyances des sorciers, leurs convictions, leurs connaissances, leur langage... Harry Potter et la Chambre des Secrets nous ouvre les portes d'une histoire tout à la fois sombre et onirique, un univers plein de promesses, de doutes, de joies, de peurs, d'amitiés mais aussi d'inimitiés, de fous rires, de découvertes et d'apprentissages !

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Poudlard à Noël, c'est de circonstance, non ?

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  • De nouveaux personnages

Avec ce deuxième tome, J. K. Rowling donne plus de profondeur aux protagonistes existants, mais elle en introduit également de nouveaux. L'elfe Dobby fait ainsi sa première apparition, tandis que Voldemort (oups ! Je l'ai dit...), Dumbledore, Lucius Malefoy, Ron Weasley, Hermione Granger et d'autres encore nous semblent plus travaillés sur le plan psychologique. Certains dévoilent leur personnalité fourbe, cruelle et cynique, d'autres nous laissent deviner un caractère humble mais fort, dévoué aux causes justes et débordant d'amour, et d'autres enfin paraissent plus ambigus et difficiles à cerner... L'auteure a créé toute une ribambelle de personnages attachants ou au contraire détestables, qui tous ne nous ont pas révélé qui ils sont vraiment. Chaque volume de cette saga approfondit les idées de base évoquées par la romancière et creuse ces personnages, supprimant ainsi toute notion de manichéisme.

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En résumé, Harry Potter et la Chambre des Secrets est un coup de ♥ pour moi ! C'est une lecture qui charmera petits et grands par sa plume malicieuse et enjouée, vivante et dynamique. Une flopée de péripéties rocambolesques qui n'ont pas fini de nous surprendre et qui continuent, aujourd'hui encore, de séduire les lecteurs du monde entier :)

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Détails sur ce livre :

Harry Potter - Tome 2, publié aux éditions Folio

Collection : Junior

Auteur : J. K. Rowling

Nombre de pages : 358 pages

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Je vous dis à bientôt pour un prochain article et je vous souhaite de faire de belles lectures.

Sue-Ricette

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Poufsouffle. Loyauté, patience, gentillesse, sincérité, tolérance, persévérance, amour de la nature, modestie, justice, fair-play, travail acharné.

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